Néo, le portrait : Yannick Jaulin, conteur en parlanjhe

Modifié le lundi 10 août 2026

Auteur, acteur et conteur, Yannick Jaulin a redonné dans ses spectacles un nouveau souffle à sa langue régionale : le parlanjhe, ou poitevin-saintongeais.

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Crédit photo Région Nouvelle-Aquitaine

Du rock en patois

Yannick Jaulin a eu « deux outils de libération dans sa vie » : les contes, et sa langue régionale, le poitevin-saintongeais ou parlanjhe. « Pour moi, dit-il, la langue est un espace de résistance, pas de renfermement sur soi. Je pense qu'aujourd'hui, justement, ces langues régionales, c'est une manière aussi de résister à l'aplanissement, à la pensée unique. » Acteur, conteur, auteur mais aussi musicien et animateur d’émission télé, Yannick Jaulin s’attache à redonner toute sa place au poitevin-saintongeais, dans la création artistique comme dans le quotidien.

Parlé principalement au nord de la Région Nouvelle-Aquitaine, dans les Deux-Sèvres, la Vienne, en Charente, Charente-Maritime (dans la Saintonge), mais aussi en Vendée, dans les Pays de la Loire, le poitevin-saintongeais est la langue familiale de Yannick Jaulin, fils d’agriculteur né en Vendée en 1958. Dans sa jeunesse, il collectait déjà les contes, chansons et récits en parlanjhe. « J'ai commencé à raconter des histoires, à conter des contes que j'avais collectés, puis à les moderniser, comme tous les conteurs ont toujours fait depuis la nuit des temps. Puis à côté de ça je faisais du rock en patois parce que là aussi je me disais : qu'est-ce qu'on peut faire avec les mots de mes anciens, puisqu'il faut trouver une nouvelle utilité. Ça sert plus pour l'agriculture, ça sert plus pour la ruralité. Il faudrait bien que ça serve à quelque chose maintenant. »

Le « nombril du monde » dans les Deux-Sèvres

Animateur et auteur d’émissions en poitevin-saintongeais sur France 3 NoA, Yannick Jaulin multiplie les projets : théâtre, spectacles (dont « Ma langue maternelle va mourir » et « J’ai du mal à vous parler d’amour » en 2016), albums de contes, albums de musique (« Dans les arantèles » en 2022), livres jeunesse… En 1986, il s’installe à Pougne-Hérisson, dans les Deux-Sèvres, et cofonde le festival le Nombril du Monde(S'ouvre dans une nouvelle fenêtre), festival de contes et des arts de la parole attaché aux langues locales. « Un conte, c'est l'art populaire par excellence. Il n'y a pas besoin du cerveau, il n'y a pas besoin de penser, il n'y a pas besoin du code du théâtre. Il pénètre nos profondeurs parce qu'il parle des monstres et des beautés qui ont existé dans notre humanité depuis le début des temps. »

Avec le festival, tous les deux ans, le petit village de la Gâtine poitevine devient le « nombril du monde », « parce que toutes les histoires du monde sont parties de là. » Et une langue comme le poitevin-saintongeais fait merveille lorsqu’il s’agit de conter. « Le poitevin est comme toutes nos langues régionales, c'est des langues qui sont restées proches de la terre, de l'organique. I dis pas [je ne dis pas] les mêmes affaires, dans ma langue, dans mon parlanjhe à moi. »

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