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Le Lionbot de la Région Nouvelle-Aquitaine

La Région Nouvelle-Aquitaine

Illustration de la série portraits de Néo-Aquitains

Véronique Lazérat, de l’or rouge au bout des doigts

Temps de lecture 8 minutes

Véronique Lazérat s’est d'abord fait connaitre pour son safran qu’on retrouve sur des grandes tables, mais cette suractive multiplie les projets.

Publié le jeudi 26 août 2021
  • #Artisanat
  • #Bois et forêt
  • #Particulier

« On ne va pas tout écrire, sinon ça va faire un roman », prévient-elle. C’est qu’elle a beaucoup à raconter. Véronique Lazérat est une suractive qui fait beaucoup. C’est peut-être pour ça qu’elle est une habituée des médias. Du jour où un journaliste de La Montagne est venu faire un premier article sur sa toute jeune safranière en 2000, interviews et reportages se sont succédé, de TF1 à CNN, en passant par TV5 Monde. Et le phénomène dure depuis 20 ans. Le 13h de TF1 adore revenir. France 3 ne la lâche pas. Véronique s’est habituée et ne se plaint pas de ce plan de communication spontané qu’elle doit en partie à son activité et à son personnage sans façon, très à l’aise à l’écran. La Région Limousin avait même fait de cette néorurale une de ses ambassadrices pour porter ses valeurs et son art de vivre. Lors des conférences qu’elle donne, l’auditoire tombe généralement sous le charme.

Véronique Lazérat s’est fait connaitre pour son safran qu’on retrouve sur des grandes tables, mais cette suractive multiplie les projets.

L'installation en Creuse

Forcée au repos par un dos récalcitrant, elle nous reçoit dans un petit salon chargé de bibelots, café et mignardises à volonté. C’est la première fois que ça lui arrive, mais elle a l’air de plutôt bien prendre la chose. « Je ne pouvais simplement plus marcher. » Alors, elle prend le temps de raconter son parcours hors norme. Elle quitte la région parisienne avec trois enfants et un mari…qui ne supporte pas la campagne et repart. « En ville, ma deuxième [fille, ndla] faisait de l’asthme à cause de la pollution. Ce n’était pas un cadre de vie pour les enfants. » A Fontanières, en Creuse, le voisin de ses parents finit par céder sa maison inoccupée. C’est elle qui se charge de tous les travaux. « Je n’avais pas les moyens de payer des artisans, mais j’étais enceinte de mon quatrième. Cela voulait dire que j’avais 6 mois de congé maternité pour faire les travaux », s’amuse-t-elle. « Pour l’électricité, j’ai acheté un livre et le matériel et j’ai tout refait. » Dans la foulée, elle refait aussi la plomberie, le carrelage et le ravalement. « Ma sœur me mettait la petite au sein pour allaiter quand j’avais les mains pleines de colle à carrelage. C’était un peu exagéré, mais il nous fallait bien une salle de bain ! »

L'habitude d'oser

Elle ne voit pas ce qu’il y a d’extraordinaire à se lancer dans quelque activité que ce soit et confesse une habitude d’oser transmise par son grand-père qui l’assurait que « tout ce qu’un garçon peut faire, une fille le peut aussi. C’est une phrase qui donne de la confiance ». Il lui en a fallu pour se lancer dans le safran. Une fois dans les murs de sa maison, elle entend parler d’une personne qui fait du safran en Haute-Vienne et vend des bulbes. « Je veux en acheter 10 000 à un 1 euro pièce, mais je n’ai que 3 000 euros. A la banque, on m’explique que je ne peux pas emprunter pour une activité qui n’existe pas encore. Mais la conseillère me dit de prendre pour 7 000 euros d’actions EDF dont le capital s’ouvre et de les revendre tout de suite. Comme l’achat des actions ne serait débité que 2 jours après, mon compte serait positif et j’aurais une autorisation de découvert pour les 2 mois à venir. » La bidouille est limite, mais elle se dit qu’elle n’a pas grand-chose à perdre. « J’achète les actions et 2 heures après, quand je les revends, je gagne 900 euros et une belle autorisation de découvert. » Restent les esprits chagrins qui lui répètent que le safran ne pousse pas en terre acide et en montagne. Elle ne les écoute pas.

« Faire ce qu’on aime, parce que c’est ce qu’on fait bien et toujours faire autrement »
Véronique Lazérat

Bien lui en prend. Au bout d’un an, elle se dégage 16 000 euros en ayant amorti l’achat. « Avec les 4 enfants, je n’avais pas le droit de ne pas réussir. Ne pas avoir d’argent, ça rend intelligent » plaisante-t-elle. « Si j’avais eu de l’argent, je ne saurais pas faire la moitié de ce que je sais faire aujourd’hui. »  Dès les premières années, le safran est une réussite. L’activité est certes exigeante. Mais Véronique arrive à cueillir et éplucher 10 000 fleurs dans une journée, là où un novice mettra près de 3 jours. Comptez 150 fleurs pour un gramme sec de l’épice la plus chère du monde à 30 000 euros le kilo. Les bulbes se plaisent bien dans ses safranières dont elle étend peu à peu la surface, jusqu’à atteindre 2 hectares et demi. Son safran est apprécié et elle sait bien le vendre. On le retrouve chez des étoilés et dans des pâtisseries renommées. Elle forme aussi. Près de 600 personnes « du monde entier » depuis le lancement de l’activité. « Faire ce qu’on aime, parce que c’est ce qu’on fait bien et toujours faire autrement » résume-t-elle dans une maxime personnelle.

 

Ecrire

Elle écrit aussi. Un éditeur lui demande un livre sur son aventure. Elle relève le défi. Juste après la récolte, elle se met à son bureau. Un peu plus d’un mois après, elle ramène sa copie, s’attend à se faire envoyer balader. L’éditeur Limousin Lucien Souny est au contraire emballé. Il lui propose une sortie nationale, 7 % de droits d’auteur et 40 % sur toutes les ventes, « ce qui est plus que le libraire » lui précise-t-il. Quelques mois plus tard, elle se retrouve à la Foire du livre de Brive entre Hollande, Queffelec et Chirac à dédicacer des cartes postales. « Parce que le tirage était déjà épuisé. »
En 2017, une invasion de rats taupiers lui ravage 600 000 bulbes. Perte sèche : 300 000 euros. « A force de travail, je suis parvenue à revenir à seulement 33 000 euros de perte. Mais la MSA me demande alors 182 000 euros. Comme il n’y a aucune indemnisation possible, je suis obligée de liquider l’exploitation agricole. »


 

Débardage et safran

Pour se diversifier et parce qu’elle n’est pas en manque d’idées, c’est sur le bois qu’elle dirige maintenant ses énergies. Avec un associé, elle s’est lancée dans le débardage. « Nous cherchons à rendre service aux agriculteurs en leur permettant de dégager rapidement un revenu supplémentaire en valorisant des arbres de bosquets ou de bords de route. On intervient parfois auprès d’exploitants au bord du gouffre ! » Pour elle, il y a urgence à mieux exploiter les forêts. « Les arbres sont fragilisés par les sécheresses à répétition et tombent malades. Aujourd’hui, c’est devenu une aberration de garder un chêne centenaire qui boit 1000 litres d’eau par jour. Mieux vaut garder 5 jeunes chênes et valoriser le bois encore sain. D’ici trois ou quatre ans, le cours va s’effondrer », prédit elle. Pour aller un peu plus loin, elle imagine aussi une valorisation des branches en broyat pour la litière des animaux en remplacement de la paille qui fait défaut chaque année.
En parallèle, elle continue bien sûr l’aventure du safran. Elle est en train d’écrire un nouveau livre avec un chef de Dubaï sur des recettes du Moyen-Orient au safran et, rien à voir, avoue être en train d’écrire un thriller. Mais elle travaille aussi sur un film dont le scénario a obtenu le premier prix du festival de Courbevoie. Ces concours de circonstances qui l’amènent d’une activité à une autre semblent être un carburant. « Ma vie, ce n’est que des trucs comme ça » s’amuse-t-elle.

Ses dates clés

  • 1999 : Installation en Creuse et création de la safranière ;
  • 2000 : Premier article sur la safranière ;
  • 2009 : Parution de Secret de safranière chez Lucien Souny ;
  • 2012 : La safranière atteint les 2 hectares ;
  • 2017 : Des rats taupiers ravagent l'exploitation ;
  • 2020 : Création de l'entreprise de débardage.
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