Vous naviguez en mode anonymisé, plus d’infos

La Région Nouvelle-Aquitaine

portrait de face noir et blanc de Aristide Sousa Mendes

Aristide de Sousa Mendes, Juste parmi les nations

Temps de lecture 4 minutes

À Bordeaux en juin 1940, le consul portugais Aristides de Sousa Mendes brave les ordres de Salazar et délivre des milliers de visas, sauvant 30 000 réfugiés de la déportation. Un acte héroïque qui lui vaudra mise au ban, pour une réhabilitation tardive.

Publié le vendredi 27 février 2026

Aristides de Sousa Mendes nait en 1885 au Portugal. Profondément catholique, il est issu d’une vieille famille d’aristocrates et de propriétaires terriens. Après des études de droit à Coimbra, il choisit la carrière diplomatique qui le porte aux quatre coins du monde, de Zanzibar au Brésil en passant par les Etats-Unis. Il est nommé consul à Bordeaux en septembre 1938 à l’âge de 53 ans. Sa famille compte alors quatorze enfants avec lesquels il s’installe en compagnie de son épouse au siège du consulat, face à la Garonne, quai Louis XVIII. 
Le 1er septembre 1939 éclate la Seconde Guerre mondiale. Soucieux de tenir son pays à l’écart du conflit, le gouvernement portugais dirigé par le dictateur Antonio Salazar, édicte dès le mois de novembre une circulaire interdisant l’accès du Portugal aux apatrides, aux Juifs et à tous les étrangers interdits de retour dans leurs pays d’origine. 
A l’issue de la "drôle de guerre", lorsque l’Allemagne envahit la France en juin 1940, le gouvernement français se replie à Bordeaux qui, après 1870 et 1914, redevient pour la troisième fois la capitale de la France. La ville passe en quelques jours de 260 000 à plus de 700 000 habitants et l’agglomération de 400 000 à plus d’un million d’habitants. Le Portugal constitue la seule porte de sortie pour qui veut échapper aux nazis. Et le consulat de Bordeaux est alors assiégé par une foule de réfugiés désireux de fuir la France

Longue réhabilitation

La santé d’Aristides de Sousa Mendes ne tarde pas à se dégrader. Il est victime de plusieurs AVC. Il finit par se remarier et, en plus de ses quatorze premiers enfants, il devient encore le père d’une petite fille qui éclaire ses derniers jours. Agé de 69 ans, il meurt dans la misère en 1954.
Ses enfants s’engagent alors dans un long combat pour sa réhabilitation. Avec le soutien des Juifs américains réfugiés aux Etats-Unis grâce aux visas de leur père. Celui-ci obtient de Yad Vashem à titre posthume la plus haute distinction de l’Etat d’Israël, le titre de "Juste parmi les nations" et un arbre est planté à sa mémoire sur le Mont du Souvenir à Jérusalem. Paraissent aussi des ouvrages et des articles à son sujet. Un comité Sousa Mendes voit le jour aux États-Unis, suivi d’un autre à Bordeaux quelques années plus tard. Avec la Révolution des Œillets de 1974, les choses changent au Portugal et l’action du consul de Bordeaux y est enfin connue et reconnue. En 1988, l’Assemblée portugaise vote à l’unanimité sa réhabilitation. En 2021, une plaque commémorative est apposée au Panthéon national de Lisbonne et, au mois de juillet de cette année, sa maison de Cabanas restaurée et transformée en musée est inaugurée solennellement.

Un ouvrage documenté

Pour écrire son livre, Eric Depetiteville est allé au Portugal à la rencontre des descendants d’Aristides de Sousa Mendes. Son petit-fils Antonio, auteur de plusieurs ouvrages sur son grand-père, lui a ouvert les archives et les maisons familiales. Il a également rencontré sa dernière fille, Marie-Rose, âgée de 84 ans, fondatrice du Comité français d’hommage à Aristides de Sousa Mendes, qui habite Pau et qui lui a confié des documents jusqu’alors inédits. L’ensemble en fait un ouvrage original qui revient sur l’action dans notre Région du consul portugais de Bordeaux. "Qui sauve une Vie sauve l’Humanité entière" disent les Ecrits, une phrase qui s’applique à Aristides de Sousa Mendes dont on peut dire qu’il a contribué à sauver l’honneur de l’Humanité en ces heures sombres de juin 1940. 

Couverture livre Aristide Sousa Mendes
A propos de l’auteur

Éric Depetiteville est né à Bordeaux en 1960. Docteur en médecine et chirurgien ophtalmologiste, membre actif et administrateur de l’organisation caritative Ophtalmo sans frontières, passionné d’histoire et grand voyageur, il signe ici son premier ouvrage aux éditions Memoring dans la collection « Figures de Nouvelle-Aquitaine ».

À lire aussi

      Les coordonnées de la Région

      Région Nouvelle-Aquitaine
      Hôtel de Région 14, Rue François de Sourdis CS 81383 33077 Bordeaux Cedex 05 57 57 80 00
      Région Nouvelle-Aquitaine
      Maison de Poitiers 15, rue de l'Ancienne Comédie CS 70575 86021 Poitiers Cedex 05 49 55 77 00
      Région Nouvelle-Aquitaine
      Maison de Limoges 27, boulevard de la Corderie CS 3116 87031 Limoges Cedex 1 05 55 45 19 00