Actualités
Incendies en Gironde et dans les Landes : 3 demandes de la Région à l'Etat
Modifié le mardi 15 septembre 2026
4 minutes de lecture
Après les mégafeux qui ont frappé la Gironde et les Landes cet été 2026, la Région formule auprès de l'Etat 3 demandes fortes pour mieux protéger la Nouvelle-Aquitaine face au risque des incendies.
Sommaire
A la suite de ces incendies hors normes qui ont ravagé près de 40 965 hectares de forêts en Gironde et dans les Landes à la fin du mois de juillet, la Région Nouvelle-Aquitaine a dévoilé un plan d’action de 14 mesures pour soutenir les territoires touchés. Mais face à un risque appelé à s’intensifier avec le changement climatique, les réponses locales ne suffiront pas. Partenaire constructif mais exigeant vis-à-vis de l’État, la Région Nouvelle-Aquitaine demande ainsi à l'Etat 3 décisions structurantes, afin d’anticiper les conséquences des crises futures plutôt que d’en subir systématiquement les effets.
Implanter une base permanente de bombardiers d’eau en Nouvelle-Aquitaine
La Nouvelle-Aquitaine demande l’implantation d’une base opérationnelle permanente de bombardiers d’eau, dotée de Canadair et des autres moyens aériens.
Cette implantation pourra s’appuyer sur les infrastructures déjà présentes sur le territoire (la base aérienne 106 de Mérignac, la base aérienne 118 de Mont-de-Marsan, l’aéroport de Pau-Uzein, le pélicandrome de Limoges). Et cette base bénéficiera également d’un écosystème aéronautique régional de premier plan, avec des expertises comme celle de l’Aerocampus Nouvelle-Aquitaine(S'ouvre dans une nouvelle fenêtre) à Latresne (Gironde) et la présence d’acteurs industriels majeurs.
La Région est prête à mobiliser cet écosystème aux côtés de l’État pour former les personnels et structurer les compétences nécessaires. Cette implantation constituerait ainsi l’un des points d’appui d’une future filière industrielle européenne de la défense incendie, en articulant capacités opérationnelles, expertise industrielle, formation et innovation.
Il ne s’agit donc pas seulement d’accueillir des avions : la Nouvelle-Aquitaine propose de bâtir un véritable écosystème dédié à la lutte contre les feux de forêt, articulant moyens aériens, expertise opérationnelle, formation, maintenance et innovation, afin de devenir un pôle de référence au service de la résilience des territoires face au changement climatique.
Faire du massif des Landes de Gascogne un laboratoire national de la forêt résiliente
Les incendies de 2022 puis de 2026 ont démontré que le massif des Landes de Gascogne est désormais confronté à une accumulation de risques sans précédent.
La Région Nouvelle-Aquitaine propose de faire du massif des Landes de Gascogne un territoire pilote national de l'adaptation de la forêt au changement climatique, associant l'État, la Région, l'Europe, la recherche, les propriétaires forestiers et l'ensemble de la filière.
Cette ambition repose d'abord sur la préservation de l’eau. La Région demande à l'État d'engager un programme d'ampleur visant à mieux retenir l'eau dans les territoires, et à développer des solutions face aux risques de sécheresse et aux épisodes d'inondation. Ce programme doit également permettre d'expérimenter et de déployer les modèles forestiers les plus résilients face aux évolutions climatiques.
Il s'agit de bâtir la forêt de demain : une forêt productive, résiliente et multifonctionnelle, capable de mieux faire face simultanément aux sécheresses, aux inondations, aux incendies, aux tempêtes et aux risques sanitaires qui accompagnent l'accélération du changement climatique.
Donner aux Régions les moyens d’agir
L’ampleur des incendies de 2026 invite à repenser l’ensemble des moyens de lutte et pose une question plus large : comment mieux piloter et financer l’adaptation de nos territoires au changement climatique ?
On ne peut pas demander aux Régions d’être en première ligne face au changement climatique tout en réduisant leurs capacités financières d’intervention.Alain Rousset
La Région Nouvelle-Aquitaine demande au Gouvernement d’engager une nouvelle étape de décentralisation de la politique d’adaptation au changement climatique, reconnaissant aux Régions un rôle de chef de file et leur donnant les capacités d’organiser, avec les collectivités et les acteurs de leur territoire, les politiques de prévention et d’adaptation.
Les conséquences du changement climatique ne sont pas les mêmes dans les Landes de Gascogne, sur le littoral atlantique, dans les territoires de montagne ou dans les grandes métropoles. Les réponses doivent être pensées et organisées au plus près des territoires.
Cette nouvelle responsabilité doit impérativement s’accompagner de ressources financières propres, pérennes et dynamiques.
- #Environnement
- #Innovation
- #Bois et forêt
- #Collectivité territoriale