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Actualité

Covid 19 : « Ce sont ces petits gestes qui nous feront gagner »

Temps de lecture 8 minutes
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Denis Malvy, infectiologue au CHU de Bordeaux et membre du Conseil scientifique national Covid-19, revient sur la situation sanitaire et rappelle l’impératif de la vaccination et des gestes barrières pour limiter l’impact de la cinquième vague.

Publié le mercredi 24 novembre 2021
  • #Santé
Portrait de Denis Malvy
Denis Malvy Infectiologue au CHU de Bordeaux et membre du Conseil scientifique national Covid-19
Alors que les chiffres de l’été se voulaient plutôt rassurants sur le front de l’épidémie, l’automne présente un tout autre visage. Comment se l’expliquer ? 

D’abord, la France était à cette saison déjà dotée d’un taux de vaccination autour de 60 - 65 %. Ce qui, pour cette période de l’année, offrait une première barrière au virus. Avec des vaccinations très récentes et donc une protection par immunité vaccinale robsute. Cela a permis de réduire la transmission en plus de contrôler la survenue de formes sévères, en particulier chez nos ainés et les personnes fragiles vaccinées. Ceci ne peut pas du tout être transposé à la période automnale ou hivernale. Là, les conditions climatiques (l’humidité, la fraîcheur) sont favorables à la multiplication du virus. Nous vivons aussi beaucoup plus à l’intérieur et avons donc davantage de risque de transmission. Six mois après les premières vaccinations, l’immunité s’est aussi atténuée. Et cela était prévisible, comme pour d’autres vaccins. D’où la nécessité de réaliser un rappel, en premier, quoique pas seulement, pour les plus de 65 ans et les personnes fragiles. Ces dernières s’inscrivent dans un temps encore plus court en matière de diminution de l’immunité conférée par le vaccin. A côté des personnes non vaccinées - et il y  en a encore beaucoup trop - ce sont les personnes que l’on retrouve en réanimation. 

Justement, que pouvons-nous attendre, espérer de la vaccination ? 

Le mécanisme de ce vaccin est éprouvé. Nous savons que le schéma à deux doses est actif pour nous protéger contre le variant Delta, qui s’est installé depuis près d’un an et est extrêmement transmissible. La protection conférée par le schéma vaccinal est excellente et rapide, en premier contre la survenue des formes graves et le risque d’hospitalisation. Mais sa pérennité est semblable à celle des vaccins de l’enfance qui demandent des rappels. Pour que la protection perdure, pour relancer l’immunité vaccinale, nous savons dès l’administration qu’il faut faire réaliser ces rappels. Sinon l’efficacité du vaccin finit par s’amoindrir, à partir de six mois après la vaccination à deux doses. C’est la raison pour laquelle, cette saison de l’hiver 2021-2022 qui se pose 6 mois après le déploiement de la vaccination de base, doit être celle de réalisation du rappel. Si cet automne l’Autriche, l’Allemagne, les Pays-Bas, la Belgique renforcent les mesures de confinement, c’est parce qu’ils ont non seulement levé le pied sur les mesures barrières, mais qu’ils affichent une couverture vaccinale insuffisante. Au mois de novembre, ils sont autour de 60 %, là où nous sommes autour de 75 %. Il faut que nous allions encore plus loin, à hauteur de 80 – 85 % pour assurer une immunité collective suffisante, comme c’est à ce jour le cas en Espagne ou  en Italie. Nous n’en sommes pas très loin. La frontière, le point de bascule sont ténus. Il suffit de très peu pour aller mieux, mais aussi pour aller mal. Il nous faut serrer les rangs.
Entre l’été 2021 et l’été 2022, nous n’avons pas le droit de nous planter. Le variant Delta circule toujours, il attend et profite de la moindre occasion pour se transmettre. Mais si nous jouons le jeu, nous pourrons passer l’hiver. Nous aurons ensuite un schéma vaccinal associé à une meilleure adoption des mesures barrière, qui répondra à un virus appelé à devenir saisonnier. C’est-à-dire que, comme pour la grippe, il faudra refaire des rappels, en particulier pour les plus fragiles : les femmes enceintes, les personnes âgées ou les immunodéprimés. 

La vaccination suffira-t-elle à inverser la tendance ? 

Non. Les mesures barrières doivent absolument être maintenues : être à neuf dans un ascenseur, même masqués, c’est trop ! Dès que l’on est à l’intérieur avec du monde, au travail, dans les magasins, au restaurant, et aussi en faisant la queue sur les marchés… Il faut mettre un masque, se laver les mains, éternuer dans son coude, conserver une distance physique, changer de masque régulièrement. Il faut repasser un cran au-dessus, comme à l’automne précédent. C’est le temps de la solidarité des mesures barrières dans les lieux fréquentés. Les pays d’Europe du Sud, qui ont une couverture vaccinale meilleure (85% en Espagne), appliquent les mesures barrières de façon beaucoup plus stricte que nous. Le variant Delta est extrêmement transmissible. Il n’attend qu’une petite faille pour s’imposer. On ne peut pas demander à la vaccination de pallier un déni des gestes barrières. C’est ce manque qui permet l’émergence des cas groupés ou clusters. Nous devrions être plus attentifs et solidaires avec les jeunes générations, le corps enseignant et les parents. Ce que l’on impose aux enfants avec les mesures barrières est énorme pour eux. Et ne pas le voir appliqué chez les adultes, sous prétexte que la situation ne serait pas si grave, ce n’est pas entendable. Il n’y pas de baguette magique, on ne peut pas contraindre les gens. Mais nous sommes en droit d’attendre un minimum de conscience, de citoyenneté. Ce sont ces petits gestes qui nous feront gagner. 

Quels sont les profils accueillis aux urgences aujourd’hui ?

Nous voyons des personnes de 50 ans - et même de 40 ans - avec des symptômes bruyants, suffisants pour vous clouer plusieurs jours sans possibilité de sortir de chez vous ou aller travailler. Mais nous voyons aussi des personnes de plus de 65 ans - également des plus jeunes, de plus de 40 ans - non protégées car sans rappel. Sans parler des personnes de plus de 65 ou 70 ans qui ne sont pas vaccinées. Sur cette dernière tranche de population, ces 5 % très à risque, toutes les personnes en contact avec elles (les associations, les médecins de famille…) doivent les sensibiliser. 
A ce jour, sur 49 patients infectés, 27 sont en réanimation, tous intubés. Et 9 sur 10 ne sont pas vaccinés. Malheureusement, nous avons aussi des populations d’immunodéprimées à risque de forme sévère qui ont eu 2 ou 3 doses. Pour ces publics, et en complément du vaccin nous avons des médicaments préventifs qui permettent de faire le travail immunitaire à la place de leur corps. Ils s’administrent en perfusion, toutes les trois semaines. Bientôt, ça sera en sous-cutané, tous les 6 mois. Il y a donc beaucoup de progrès qui ne cessent d’être réalisés, et de moyens qui complètent notre arsenal pour voir une sortie de tunnel, avec un retour à une vie normale à l’échéance de l’année à venir.

Un mot sur le personnel soignant ? 

Cela fait 18 mois qu’ils font front dans un contexte pandémique. Le monde de la santé s’est adapté. Il a assuré sans défaillir, mais il est fatigué. Il y a des personnes qui ont beaucoup donné. Nous traversons une période, pour partie, de renouvellement de ressources humaines. Nous sommes mobilisés pour nous organiser le mieux possible. Nous craignons très fort le fardeau de la 5e vague. L’hôpital public assurera comme toujours la continuité des soins. On s’adapte, même dans une situation aussi compliquée et interpellante qui est la nôtre. Mais il faut que le corps sociétal nous tende la main, paradoxalement, en conservant pour quelques mois encore les bonnes distances entre les personnes, ce qui est le phare des mesures barrières, en se faisant vacciner sans attendre d’avancer en âge, dès 40 ans. Et cela, également pour préserver l’accès à la réanimation qui est le point sensible du soin et ainsi honorer l’ensemble de nos soignants.

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