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  1. Trois questions à Naïma Charaï, conseillère régionale

Trois questions à Naïma Charaï, conseillère régionale

Mardi 27 septembre, les premières Assises de la solidarité et de l’égalité se sont tenues à l’Hôtel de Région de Nouvelle-Aquitaine. Retour sur cet événement avec Naïma Charaï, déléguée à l'égalité femme-homme et à la lutte contre les discriminations et la solidarité.

Naïma Charaï, déléguée à Égalité femme-homme, lutte contre les discriminations et solidarité.

Mardi 27 septembre, les premières assises de la solidarité et de l’égalité se sont tenues à l’Hôtel de Région de Nouvelle-Aquitaine. Quelles étaient les objectifs de cette rencontre, quels sont les premiers enseignements ?

Suite à la réforme territoriale et à la fusion des régions le 1er janvier 2016, les compétences de notre collectivité ont été modifiées. L’idée est aujourd’hui d’impulser une politique nouvelle, notamment sur les questions de l’égalité. La Région est impliquée dans les transports, dans les lycées, dans la formation et l’apprentissage, dans le tourisme, le développement économique. Elle intervient en faveur du sport, de la culture… Autant de politiques publiques dans lesquelles nous devons veiller à la prise en compte des enjeux sociétaux de lutte contre les inégalités et les  discriminations.

Ces assises de l’Egalité sont le coup d’envoi du travail partenarial que nous avons à mener, notamment avec les associations qui participent à cette bataille du quotidien pour la prévention, la sensibilisation, la réparation, de toutes les discriminations. Nous souhaitons capitaliser les bonnes expériences afin de mobiliser et de co-construire la politique régionale avec elles. Dès aujourd’hui nous pouvons constater une formidable mobilisation des acteurs venus de tout le territoire. Des associations se sont déplacées depuis Limoges, Poitiers, Guéret, Pau, La Rochelle, Bordeaux, Agen, etc. Cela montre le véritable intérêt de ces partenaires qui partagent nos ambitions et souhaitent travailler à nos côtés.

D’ici la fin de l’année, nous présenterons un règlement d’intervention pour redéfinir la politique publique et nous allons bien évidemment nous baser sur les discussions que l’on a eues lors des assises et des échanges qui ont eu lieu avec les acteurs de terrain à Poitiers, à Limoges ou en ex-Aquitaine.

Comment concrètement appliquer ces valeurs d’égalité et de solidarité dans les politiques régionales ?

Nos compétences sont très étendues : économie, transports, formation, lycées… Les enjeux d’égalité doivent être pris en compte dans toutes nos politiques publiques. La transversalité est une priorité de ma feuille de route.
Nous souhaitons par exemple qu’il y ait d’avantage de femmes cheffes d’entreprise. Comment pouvons-nous agir pour favoriser l’entreprenariat féminin sur notre territoire ? Nous pouvons travailler dans le cadre d’appels à projet, de conventionnements avec des acteurs de terrain.
Sur les questions de l’apprentissage, on constate que les jeunes femmes y accèdent moins que les jeunes hommes. L’idée est de leur permettre cela sur tous les métiers. Il faut inciter les filles à aller sur des métiers dit masculins et les garçons sur des métiers dits féminins. Cela peut passer par plus d’informations, par un travail avec les CFA… Il y a aussi la question des discriminations liées à l’origine. Comment accompagner des publics discriminés ou stigmatisés pour d’avantage d’égalité ? Comment permettre à des publics qui, dans les faits, n’ont pas accès à la fonction publique territoriale de s’y intégrer ? En ex-Aquitaine, nous avions travaillé sur la question du CV anonyme. C’est actuellement en chantier à la Région avec le service des Ressources Humaines.
Nous avons également des chantiers en matière de prévention des violences et du harcèlement, des actions innovantes à poursuivre pour la solidarité, etc.

 

Quelles sont les prochaines étapes ?

 

Nous avons 4 priorités : l’égalité entre les femmes et les hommes, la lutte contre les discriminations liées à l’origine ethnique réelle ou supposée, les discriminations liées au handicap et la lutte contre l’homophobie. A cet effet, la région Nouvelle-Aquitaine a lancé fin août un appel à projets, doté de 215 000 €, afin que tout organisme – associatif, parapublic ou privé – puisse proposer un projet. Nous avons reçu de très nombreuses réponses. C’est encourageant.

Je souhaite aussi que la Région Nouvelle-Aquitaine signe dans les prochains mois la Charte européenne pour l’égalité entre les femmes et les hommes dans la vie locale. C’est un engagement.