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  1. Souffleur de verre et d’ambition
Verresatine © Olivier Panier des Touches

Souffleur de verre et d’ambition

Afin d’augmenter ses capacités de production et pour répondre à des marchés de plus grosse envergure, Verresatine, basée à Hagetaubin (64), vient d’investir, avec l'aide de la Région, dans une machine qui devrait la faire passer dans une autre dimension.

Quelque part entre Pau et Orthez, une petite entreprise façonne du verre pour une impressionnante liste de clients. Lorsque Christian Buée détaille  l’éventail de son activité, il énumère tour à tour l’industrie de la défense, de la santé, de la décoration, du luxe… « Tenez, ce cube a été réalisé en six exemplaires pour le groupe Louis Vuitton », montre-t-il en exemple.  C’est par lui que la petite saga familiale du verre est arrivée à Hagetaubin. « Nous appréciions beaucoup le coin et y avions acheté une ferme abandonnée pour en faire notre résidence secondaire », se souvient le chef d’entreprise.

Une histoire familiale

Souffleur de verre de profession, l’homme a travaillé un quart de siècle dans un atelier de la région parisienne. D’abord simple employé puis responsable du site, il finit par faire une proposition de rachat à son ancien patron. Celle-ci n’étant pas acceptée, il décide de tout quitter et de redémarrer à l’endroit où la famille se sent si bien en vacances.  La ferme devient alors leur domicile principal ainsi que le siège social de sa première société ; Verrehaget. Avec une connaissance approfondie du métier, il se lance en 2002 dans une activité de négoce pour les différents acteurs de la profession. Six ans plus tard, il est rejoint par son fils Yohann, lui aussi souffleur de verre. Ce dernier veut continuer à exercer son métier et la seconde société familiale voit le jour sous le nom de Verresatine.

Un investissement conséquent

Formé dans plusieurs maisons, Yohann Buée est passé par les ateliers de trois MOF (meilleurs ouvriers de France).  Il démarre en  bénéficiant du fichier client de la première société familiale et doit vite embaucher une personne pour tenir les cadences.  Mais l’ambition est plus grande et les deux hommes savent qu’une automatisation de leur process leur permettrait de remporter de nouveaux clients. Lorsque l’opportunité d’une machine inutilisée en usine se présente à eux, ils ne réfléchissent pas longtemps. Apres une adaptation par le constructeur, voici le tour automatique à pilotage thermographique dans leurs locaux. Un investissement conséquent de 188 000 euros, dans lequel les collectivités territoriales sont intervenues. Aux côtés de la communauté de communes Lacq-Orthez, la Région Nouvelle-Aquitaine contribue pour sa part à hauteur de 30 000 euros.

Relocaliser des marchés

Loin de détruire de l’emploi ce robot en crée deux, portant ainsi l’effectif du petit groupe familial à six personnes. Un profil administratif a intégré la structure tandis qu’un responsable maintenance est en cours de recrutement. Car la machine ne s’apprivoise pas facilement. Informatique, robotique, électronique, pneumatique, il faut de réelles compétences pour la manipuler. Désormais équipée pour répondre à de réelles attentes, Verresatine enregistre déjà de nouvelles demandes. L’appareil unique en son genre permet à l’entreprise de fabriquer en très grande série tout en respectant des standards de haute précision.  « Notre ambition est de ramener en France des marchés qui sont aujourd’hui traités en Chine ou en Europe de l’Est », affirme le patriarche. En misant sur l’innovation et la technologie, l’entreprise s’en donne les moyens avec pour objectif de doubler son chiffre d’affaires d’ici deux ans.