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  1. Solinum : le numérique au service des plus fragiles

Solinum : le numérique au service des plus fragiles

Pour lutter contre l’exclusion numérique des personnes fragiles, l’association Solinum les accompagne et développe des outils adaptés. Son application mobile répertorie et géolocalise tous les services gratuits afin d’en faciliter l’usage. Elle simplifie ainsi l’accès au logement, à l’hygiène, à l’alimentation, à la santé et à la mobilité dans la ville.

L’accès au numérique comme levier de réduction des inégalités, c’est le postulat de Guillaume Cherel, président de Solinum. Disposant d’une double expérience dans l’informatique et l’action sociale, il se situe à la croisée des chemins, et fait le constat des difficultés rencontrées par les personnes qui ne sont pas familières de l’ordinateur ou qui se trouvent éloignées d’une connexion internet.

« Quand vous êtes en situation de précarité, l’obligation de passer par le numérique pour accéder à des services se transforme en double peine. Ce qui, pour la majorité des gens, permet de gagner en rapidité et en efficacité va devenir une complication », analyse le fondateur de l’association.

Le téléphone, seul compagnon

L’inégalité face aux usages et à la compréhension du numérique devient un nouveau facteur de discrimination. La dématérialisation d’un certain nombre de services marginalise les personnes précaires, souvent les plus éloignées du numérique. Sans la capacité à se servir efficacement des outils qu’imposent les nouvelles technologies, trouver un travail, un logement, ou accéder à des aides, devient encore plus compliqué. Paradoxalement, ce sont pourtant ces publics fragiles qui en ont le plus besoin. C’est pour leur venir en aide que Solinum a créé son application mobile baptisée Ayuda.

En cours de test à Bordeaux en partenariat avec le Centre d’Accueil, d’Information et d’Orientation de Bordeaux (C.A.I.O.), une première version destinée aux personnes en situation d’errance répertorie les lieux accessibles pour manger, dormir, se laver, déposer ses affaires ou se soigner gratuitement. Ses concepteurs l’ont pensée comme un point d’entrée le plus exhaustif, mais également le plus simple possible vers l’offre de services non marchands.

« Pour ces personnes, le smartphone est souvent le seul compagnon permanent et la seule source d’information, décrit Guillaume Cherel. Il peut donc apporter un bénéfice immédiat. Notre application leur permet de se repérer dans un réseau d’assistance éclaté ».

Une borne avec tablette intégrée

L’application mobile a été développée avec l’entreprise Sogeti. Elle fonctionne en mode déconnecté, avec des icônes facilement compréhensibles, une géolocalisation, des informations sur les horaires et conditions d’accès des services, et un guidage jusqu’au lieu sélectionné.

L’objectif désormais est de développer une deuxième version destinée à un plus large public (salariés précaires, étudiants sans revenus, personnes isolées…) qui intègrera des services élargis allant jusqu’à l’offre culturelle. Enfin, une borne mobile a été conçue par Solinum et construite par la start up Heliosis, basée à Pessac.
Elle pourrait être positionnée dans Bordeaux. Alimentée en énergie solaire, elle sera destinée à recharger gratuitement les téléphones portables, accéder à internet et consulter l’application Ayuda ainsi que d’autres services via une tablette intégrée pour tous ceux qui ne disposent pas d’un smartphone.

Initiative unique en France, l’utilisation d’Ayuda va être testée à plus grande échelle sur Bordeaux durant l’année 2017. Elle pourrait ensuite essaimer avec un déploiement national.