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  1. Quelle santé pour demain en Nouvelle-Aquitaine ?
La e-santé, un enjeu majeur pour notre territoire © Pixabay

Quelle santé pour demain en Nouvelle-Aquitaine ?

Le 19 janvier dernier, Françoise Jeanson, conseillère régionale de Nouvelle-Aquitaine déléguée à la santé et à la silver économie, entourée d’acteurs clés de la santé*, tenait une conférence de presse pour présenter les priorités régionales en matière de santé pour les quatre prochaines années.

« La Région a toutes les compétences pour s’investir fortement dans la santé : que ce soit à travers sa compétence d’aménagement du territoire, celle du développement économique, de l’innovation et de la recherche, de la gestion des formations du secteur sanitaire et social, ou encore via l’agriculture et la question des pesticides… », lance en ouverture Françoise Jeanson. Si la question du soin reste la compétence de l’Etat, l’action de la Région est donc tout à fait complémentaire. Et c’est tout l’objet de la feuille de route qui a été adoptée en décembre dernier par la Nouvelle-Aquitaine. Après une phase de concertation avec quelques 230 partenaires et acteurs de la santé, quatre grands chantiers ont ainsi été identifiés : le développement des territoires de santé et la lutte contre la déprise médicale ; les défis de la médecine de demain et des technologies ; l’innovation et la compétitivité des entreprises de la santé ; la prévention et la santé-environnement.

Lutte contre la déprise médicale

Lutter contre le déprise médicale, c’est assurer à tout un chacun l’accès aux soins de qualité, où qu’il se trouve sur le territoire. « Il s’agit également d’accompagner le développement de l’ambulatoire**, témoigne Mickaël Chaleuil, président de l’association "Agir pour la télémédecine". Pour ce faire, il faut bien sûr développer la télémédecine hors hôpital et travailler sur la notion de processus de soins, pour sécuriser le maintien des patients à domicile. »
La Région soutient donc les expérimentations et les projets innovants de lutte contre les déserts médicaux, le renforcement de l’offre de soins, le développement des centres et des maisons de santé, les projets de télémédecine ambulatoire, les innovations développées par les entreprises, mais également le déploiement massif des outils numériques de parcours de soin autour du patient, sans oublier le développent du très haut-débit dans les établissements de santé et pour les particuliers. « Nous travaillons aussi sur l’aide aux stages d’internes en médecine en milieu rural, relève Françoise Jeanson, avec cette idée que pour s’installer, il faut y avoir fait un stage avant, dans de bonnes conditions. »

Les défis de la médecine de demain

Changer de regard sur la médecine et ses pratiques. C’est un autre objectif de cette feuille de route régionale dédiée à la santé. D’une médecine traditionnellement curative et empirique, la Région souhaite répondre au défi de la médecine des "4P" : prédictive, préventive, personnalisée et participative. Pour relever ce défi, la Région entend poursuivre la cartographie des forces en présence sur le territoire (compétences, moyens, équipes, thèmes d’excellence et en émergence) et favoriser la transversalité, la transdisciplinarité dans la recherche et appuyer les développements industriels territoriaux.

Pour ce faire, six programmes stratégiques seront explorés :

  • Conforter les domaines d’excellence régionaux (notamment les neurosciences, les recherches sur le diabète et la cardiologie...) ;
  • Œuvrer à l’émergence d’un pôle d’excellence en santé numérique (génomique, intelligence artificielle, modélisation et développements technologiques dans le numérique au service d’une optimisation du parcours de soin…)
  • Appuyer le développement industriel basé sur les thérapies guidées par l’image (accompagner le geste du chirurgien, améliorer le diagnostic, travail sur l’imagerie médicale, etc.)
  • Bâtir une force régionale dans le domaine de la réparation (transplantation, médecine régénérative, dispositifs médicaux, prothèses…)
  • Créer un pôle régional de recherche en cancérologie
  • Favoriser le développement de la recherche en santé publique et en éthique pour éclairer les politiques régionales

« La Nouvelle-Aquitaine est très dynamique en matière de recherche, il existe plus de 100 familles de brevets déposés par an en moyenne, dont 60 % concernent les technologies médicales. Ces recherches doivent aboutir à des outils utiles pour les habitants de la Région », commente Françoise Jeanson.

L’innovation et la compétitivité des entreprises de santé

Pour relever ce défi, l’innovation et la compétitivité des entreprises de santé en région sont incontournables. La Nouvelle-Aquitaine dispose déjà de sérieux atout, notamment en matière de e-santé, de dispositifs médicaux, de  cosmétique, d’industrie pharmaceutique, mais aussi de thermalisme. Parmi les nombreuses ambitions de la feuille de route dans ces domaines, on retrouve notamment : l’accompagnement de la e-santé et de l’intelligence artificielle, le développement de  l’innovation et de l’export dans le domaine des dispositifs médicaux et de l’instrumentation, la structuration de la filière cosmétique, l’accompagnement des start-up dans le domaine des biotechnologies, l’élaboration d’un plan thermal 2018-2022… Avec cette idée d’appliquer la notion d’attractivité territoriale aux entreprises du secteur, mais également à tous les acteurs créatifs (chercheurs, artistes, sportifs…). « Nous devons aider les entreprises, les fédérer avec l’aide de clusters, favoriser leur développement à l’international », note la conseillère régionale. Parmi les dispositifs clés proposés par la Région, on retrouve l’Usine du futur, Région Start-Up, le Schéma régional de développement économique, d’innovation et d’internationalisation (SRDEII)…

Prévention, santé et environnement

« Œuvrer pour la santé, c’est aussi agir sur l’environnement et la prévention, note Françoise Jeanson. Parmi nos priorités, il y a la lutte contre les pesticides. Nous souhaitons également, en matière de prévention, cibler les populations dont nous avons la charge via nos compétences, notamment les jeunes. » Auxquels la feuille de route ajoute les personnes âgées et les agriculteurs. La conseillère régionale évoque notamment un projet de bilan santé à destination des jeunes dans les missions locales ? L’occasion de leur ouvrir leurs droits et de les accompagner dans leur éducation à la santé.
Plusieurs dispositifs existent ou verront le jour : un Appel à manifestation d’intérêt (AMI) « Prévention », pour financer les actions structurantes dans ce domaine sur le territoire ; des appels à projets « plan régional Santé environnement 3 – PRSE 3 » ; un AMI culture et santé, un autre sur « l’innovation sociale » ; un appel à projets sport santé environnement…
« Nous avons été longtemps confrontés à un problème sur le dépistage et la prévention, avec des campagnes qui n’atteignent pas les personnes qui en sont le plus éloignées et les plus précaires », note Christian Fillatreau. Et de rappeler l’importance d’associer les sciences humaines sociales à ces questions.

La feuille de route en vidéo

Retrouvez l’essentiel de la feuille de route santé en vidéo, présenté par Françoise Jeanson, à l’occasion du vote de celle-ci en assemblée plénière en décembre 2017.

*Il s’agit de quelques-uns des acteurs qui ont participé à la co-construction de la feuille de route santé : Gaël Champier, de la société B-Cell6design et de l’association Involim (Limoges), Guy Kantor, professeur de cancérologie et radiothérapeute à l’Institut Bergognié (Bordeaux), Mickaël Chaleuil, président de l’association "Agir pour la télémédecine" (Bordeaux), Christian Fillatreau, du cluster Tic Santé, Luc Grislain, président du GIPSO (Groupement des Industries Pharmaceutiques et de Santé du Sud-Ouest), Arnaud Wiehn et Christiane Raffy de l’Instance régionale d’éducation et de promotion de la santé (IREPS)…

** Hospitalisation de très courte durée (moins de douze heures) pour une intervention et un retour à domicile le jour même.