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  1. Un projet scientifique inédit autour de la biodiversité

Un projet scientifique inédit autour de la biodiversité

Un GIEC Biodiversité néo-aquitain est né ce vendredi 27 janvier. Ce groupe d'experts se chargera pendant deux ans d'évaluer les conséquences de l'érosion du vivant sur le territoire. Une première étape vers de nouvelles actions publiques régionales en la matière.

Un enjeu majeur pour le territoire régional

Couvrant dorénavant 1/8e du territoire national, la Région Nouvelle-Aquitaine choisit aujourd'hui de faire de la biodiversité un enjeu majeur et une de ses priorités politiques. Elle vient pour cela de mettre en place un GIEC Biodiversité, avec à sa gouvernance, un conseil de 6 scientifiques de renommée nationale.

Ensemble de la diversité du vivant, la biodiversité est essentielle au bon fonctionnement des écosystèmes. Mais, depuis 2015, de nombreux scientifiques évoquent une nouvelle crise biologique majeure, le taux actuel de disparition des espèces étant le plus élevé jamais enregistré.

La volonté de la Région, à travers ce projet est d'améliorer les connaissances en la matière et de faciliter la prise de décision. "Le pouvoir public régional montre ainsi l'exemple en s'adossant à la puissance scientifique. Nous allons faire avancer ensemble les acteurs d'un territoire sur une problématique qui a pu être conflictuelle ou banalisée", explique le président Alain Rousset, qui a déjà mis en place de nombreuses mesures en faveur de la biodiversité en Nouvelle-Aquitaine. 

Bruno Latour - sociologue, anthropologue et philosophe des sciences à Sciences Po Paris et membre du conseil du comité scientifique du GIEC Biodiversité - revient sur la pertinence de l'étude et de la prise en compte de la biodiversité à l'échelle de la Nouvelle-Aquitaine :

Les scientifiques aiguillent l'action publique

Pour mettre en oeuvre ses travaux, le GIEC Biodiversité va se doter d'un comité scientifique de renom. A sa tête, Vincent Bretagnolle, directeur de recherche au Centre d'Etudes Biologiques de Chizé (CNRS, 79) : "Nous lançons aujourd'hui une initiative originale et unique. Après un état des lieux de la diversité sous toutes ses formes, nous allons nous interroger notamment sur l'avenir des activités économiques régionales, dont un bon nombre repose sur la nature : agriculture, sylviculture, conchyliculture, pêche...".

Le coordinateur du projet nous explique l'approche adoptée par le GIEC concernant l'agriculture et la biodiversité :

Le chercheur - nommé en parallèle au sein du Conseil scientifique de l'Agence française pour la biodiversité (AFB) créée ce 1e janvier 2017 - va s'entourer de 5 scientifiques de renom : 

  • Bernard Chevassus-au-Louis : membre du Conseil Scientifique du Patrimoine Naturel et de la Biodiversité, ancien directeur général de l'Institut National de la Recherche Agronomique ;
  • Bruno Latour : sociologue, anthropologue et philosophe des sciences à Sciences Po Paris ;
  • Sandra Lavorel : directrice de recherche au CNRS, membre de l'académie des sciences ;
  • Paul Leadley : membre du conseil scientifique de la Fondation pour la Recherche sur la Biodiversité, Université Paris-Sud / CNRS / AgroParisTech ;
  • Laurent Mermet : professeur en sciences de gestion à AgroParisTech, membre du CESCO (Centre des Sciences de la Conservation, CNRS).

Ce dernier nous explique la nécessité d'innovation et d'expérimentation pour trouver des solutions à la menace de la biodiversité :

Le Comité travaillera avec une vingtaine de scientifiques régionaux, pour réaliser au final un ouvrage de 20 chapitres rassemblant au total les contributions de 150 à 200 scientifiques.
Toutes les conséquences de l'érosion de la biodiversité dans les différents éco-systèmes du territoire régional permettront de dresser des enjeux clairs et d'identifier des leviers de décisions pour les politiques publiques à venir.

"La création de ce GIEC est le début d'une feuille de route ambitieuse d'un sujet qui conditionne l'avenir des sociétés humaines", indique Nicolas Thierry, vice-président chargé de l’environnement et de la biodiversité. Une agence régionale est en parallèle en cours de création, elle sera opérationnelle dans l'été 2017.

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