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  1. Prévenir les risques auditifs : Sens4life conçoit un prototype numérique
Ears4life © Sens4life

Prévenir les risques auditifs : Sens4life conçoit un prototype numérique

Toute jeune entreprise bordelaise, la start-up Sens4life expérimente pour sensibiliser aux risques auditifs. Son premier prototype aujourd'hui en préparation est une application mobile ludique dédiée à la prévention des risques auditifs, liés aux usages et modes de vies actuels. Elle sera testée dès la fin de ce mois de mars.

Ancien dirigeant d'une société informatique, Pascal Quil, aujourd'hui 59 ans, est malentendant depuis son plus jeune âge. Il fait un constat implacable sur la société actuelle : il y a aujourd'hui de nombreuses sollicitations auditives - notamment avec les casques et les solutions amplifiées - et l'on assiste à une course inconsciente et collective de chasse à la puissance sonore. "Avec ce handicap qui m'a accompagné toute ma vie, et face à ces réalités, je veux aujourd'hui faire mon possible pour que les gens profitent une bonne audition le plus longtemps possible."
Son idée : sensibiliser les publics, avec une priorité aux jeunes - les premiers touchés - mais aussi les travailleurs, le 4e âge..sur les risques, la prévention, et la détection des troubles de l'audition. Le moyen : le numérique et le ludique, en créant une application mobile à base de jeux et de tests.

Faire adopter un comportement "audio-raisonné"

Baptisé Ears4life, le prototype auquel travaille Pascal Quil est un projet de création d'un ensemble de jeux sur smartphone, adaptés à différentes populations d'âges, destinés à la sensibilisation et à la prévention des risques auditifs, liés aux usages et modes de vies actuels : sons amplifiés, fatigue auditive, environnement sonore agressif, etc. "Il faut entrer dans le monde de chacune des populations cibles. En utilisant la technologie, nous touchons chacun au plus près de ses usages via le smartphone", explique Pascal Quil.

Ainsi Ears4life proposera différents jeux adaptés en fonction des tranches d'âge : 7-11 ans ; 11-14 ans ; 14-17 ans ; 18-25 ans. Pour les entreprises - dont le périmètre peut s'étendre des boîtes de nuit, aux cuisines d'écoles en passant par les festivals -, Ears4life permettra aussi de réaliser un diagnostic de capital auditif.
Via plusieurs tests, il pourrait être possible de récupérer un audiogramme du joueur pour mettre à jour des défaillances au niveau de l'audition de certaines fréquences et pour évaluer sa capacité de compréhension.
La start-up envisage aussi de transposer le joueur dans le monde de quelqu'un d'autre : par exemple, lui faire vivre l'audition de son grand-père. "On met ainsi le joueur en situation de handicap à travers les personnes qui lui sont chères, un moyen d'accélérer la prise de conscience".
Un autre but du jeu serait de mettre en relation les joueurs avec les personnes soignantes, en les redirigeant vers un réseau de partenaires, ORL, audioprothésistes, professionnels de santé autour de l'audition, et ainsi de compléter tout le cycle de prévention.

Pour l'utilisateur, le service proposé est gratuit, la solution monnayable étant proposée aux structures, entreprises, mutuelles, qui assurent ensuite le paiement d'un droit d'usage lorsque l'utilisateur la télécharge.

Les premiers déploiements de Ears4life sont imminents : une version 1 sera pour la première fois testée durant le Nouveau festival en avril prochain auprès des jeunes lycéens et apprentis de la région.
Sens4life a approché des mutuelles, ainsi que des cabinets d'audioprothésistes et ORL intéressés pour présenter l'application en salle d'attente ; et est toujours à la recherche de nouveaux partenaires pour un accompagnement financier du projet.
 

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Un projet collaboratif soutenu par la Région

Pour mettre en oeuvre le projet et développer concrètement le prototype numérique, Sens4life fait travailler conjointement les réseaux professionnels Bordeaux Games, association des professionnels du jeu en région Nouvelle-Aquitaine, et le Syrpin, le Syndicat Régional des Professionnels de l’Informatique et du Numérique. 

Dans le cadre des aides aux entreprises, la Région a voté une subvention pour la réalisation de la phase de prototypage du projet. Les élus régionaux ont accordé le 17 novembre dernier une aide de 50000 euros sur un budget total de 128600 euros.
Le dispositif "Prototypes numériques" vise à favoriser l’émergence de projets d’innovations d’usages et de services au sein de la filière numérique néo-aquitaine, avec 3 principaux objectifs :

  • démontrer et expérimenter avec des utilisateurs la pertinence des applications, technologies, contenus, services ou usages numériques novateurs avant leur phase de déploiement ;
  • susciter des opportunités de marchés pour les entreprises de la filière numérique régionale ;
  • développer de nouveaux services et usages répondant aux évolutions sociétales.

Le prototypage est décisif pour les jeunes pousses du numérique, porteuses de projets insuffisamment dotés en propre de moyens initiaux et/ou d’expertises spécifiques. Il leur permet de renforcer la crédibilité de leur action, en disposant rapidement d’outils d’analyse, de test et ou de démonstration. Cette étape permet d’attester de la pertinence d’un service numérique ou de mobiliser des compétences extérieures (juridiques, ingénierie financière, design ergonomie) nécessaires au bon positionnement sur le marché du futur produit.

Ears4life a été soutenu selon les critères du dispositif :
- dimension innovante en termes d’usage, de services et/ou de technologies ;
- création de valeur (économique, sociale, environnementale, territoriale) ;
- viabilité du projet ;
- qualité et degré d’appropriation du service/produit par l’utilisateur ;
- interopérabilité, réutilisabilité et ouverture du projet ;
- capacité du porteur de projet (sur les plans technique, administratif et financier).

En parallèle, Pascal Quil a créé l'association La vie des sens. Celle-ci développe notamment un volet complémentaire avec la mise en place d'un label de "son raisonné" à destination des entreprises. "Il faut bien sûr insonoriser les machines, mais surtout faire le suivi de son personnel", explique-t-il. Face à cette large problématique de santé publique, ce label permettrait de certifier que l'entreprise prend toutes les mesures de prévention nécessaires au bien-être auditif de ses salariés et clients.