Aller au contenu principal
  1. Le pouvoir d’agir rendu aux habitants

Le pouvoir d’agir rendu aux habitants

Dans le quartier populaire des 3 Cités, à Poitiers, le centre socio-culturel propose aux habitants de s’impliquer sur les questions importantes à leurs yeux. Un moyen de favoriser la participation citoyenne et de promouvoir le savoir-faire de chacun.

Redonner du pouvoir d’agir, ça veut dire quoi ? C’est être en situation de peser sur les choix qui nous concernent et de maîtriser ce qui est important dans nos vies et notre environnement, qu’il s’agisse de culture, de travail, d’éducation, de santé, de logement, ou de cadre de vie… Le pouvoir d’agir existe déjà dans la société, mais il est très inégalement réparti.

C’est pourquoi le centre socioculturel des 3 Cités a décidé d’en faire le cœur de sa démarche, et d’élaborer un projet de quartier renouvelé, pensé d’abord avec les habitants, plutôt que d’être pensé pour eux.

Faciliter la mobilisation

« Nous avons voulu partir des préoccupations quotidiennes de ceux qui vivent ici, sur l’emploi, la santé, la jeunesse, la réussite scolaire. C’est en s’appuyant sur la connaissance qu’ils ont de ces problématiques que nous pouvons les aider à trouver des pistes », explique Vincent Divoux, le directeur du centre socioculturel.

Le projet consiste donc en premier lieu à aller à la rencontre des habitants pour faire émerger des demandes. Engagé depuis 15 ans dans des dynamiques participatives, le centre socioculturel propose de multiples activités autour de la vie quotidienne. Ouvert à toute attente et à toute proposition des habitants, l’équipe composée d’une centaine de bénévoles et d’une cinquantaine de salariés souhaite associer le plus grand nombre à la construction de solutions collectives.

« Lorsque l’on repère une problématique récurrente, on propose aux habitants rencontrés de fonder un groupe qui pourra sortir des sentiers battus et définir sa propre stratégie », décrit le directeur. 

En deux ans, après 140 entretiens, 5 groupes ont été formés, qui rassemblent une soixantaine de personnes.  Le rythme est lent et  revendiqué : « Il faut se donner le temps pour que chacun puisse et ose trouver sa place ».

Développer de nouvelles méthodes d'intervention collectives

Séminaire Pouvoir d'agir

Certains ont ainsi choisi de travailler autour de l’accès à l’emploi, d’autres sur le bruit. Un groupe investi sur le thème des transports a entrepris d’inviter des élus à venir tester le réseau de bus sur le quartier afin d’expérimenter leurs contraintes. Ceux qui réfléchissent sur la communication entre parents et professeurs ont décidé de recueillir des témoignages vidéo qui illustrent les jugements mutuels. Ce film servira de support pour des temps de rencontre.

« On ne juge pas de la manière dont les gens vont intervenir. Il faut accepter qu’ils disent parfois des choses qui ne font pas plaisir », soulignent les équipes.

Cette ouverture est appréciée et nourrit une grande liberté d’initiatives. « Tout ce que nous décidons, vous l’acceptez sans vous fâcher ou nous montrer votre désaccord », témoigne un habitant, à propos des animateurs. « Cela nous montre que le projet nous appartient ».

Un élan qui participe à la construction d’un quotidien solidaire et encore plus citoyen.