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  1. Mohamed Mechti : nouvelle résidence sociale intergénérationnelle à Bordeaux
résidence Mechti © positif

Mohamed Mechti : nouvelle résidence sociale intergénérationnelle à Bordeaux

Le bâtiment, fruit de deux années de chantier et inauguré ce mercredi 6 décembre, accueille en plein cœur du quartier historique de Saint-Michel, à Bordeaux, des anciens combattants migrants et des jeunes de 18 à 30 ans, travailleurs ou en formation, au sein de 49 logements* meublés.

Alain Rousset, président du conseil régional de Nouvelle-Aquitaine, Naïma Charaï, conseillère régionale déléguée aux solidarités, à l'égalité femmes-hommes, à la lutte contre les discriminations, et Béatrice de François, présidente d'Aquitanis, inauguraient, ce mercredi 6 décembre la résidence sociale intergénérationnelle Mohamed Mechti, du nom de la figure emblématique de la lutte pour l'alignement des pensions des anciens combattants « indigènes » marocains de la 2nde guerre mondiale sur celles des Français.

La mise en valeur du passé des lieux

Aquitanis, en association avec l’association Chahuts et le Centre d’Animation Saint Michel, dirige des études sur les diverses strates de traces laissées par la vie dans ces lieux. Un travail est mené sur la mémoire des lieux avec en point d’orgue le Festival Chahuts 2014 ; puis une exposition et un livre réalisés par Caroline Melon (directrice de Chahuts jusqu’à fin 2016).
Du jour au lendemain, c’est un bâtiment totalement invisible de la rue et des habitants du quartier qui a été ouvert aux yeux de tous.
Pendant les 22 mois qu’ont duré les travaux, les ouvriers ont été baignés dans la mémoire de ces lieux par les récits qui leur ont été faits. Et pour garder présente l’âme de ses divers habitants, 14 objets leur ayant appartenus ont été cachés et intégrés dans les murs.

Pour ne pas perdre cette histoire très riche, l’idée est de créer, dans le bâtiment principal, au sein des espaces de vie, un lieu de mémoire sur la vie des anciens combattants à Bordeaux, et sur l’histoire de ce bâtiment en particulier.

Un parti pris résidentiel

La Résidence a été entièrement pensée pour de vieux migrants, et dans l’ensemble de la conception, l’architecte a gardé à l’esprit le fait que ces lieux allaient accueillir les derniers anciens combattants de Bordeaux, et qu’il s’agirait de leur dernier lieu de vie.
Sur les 21 anciens combattants habitants les lieux, la plupart sont marocains, mais il y a aussi trois algériens et un sénégalais. Leur moyenne d’âge est d’environ 80 ans.
Les autres résidants sont des jeunes actifs, pour partie issus de l’immigration. Les générations cohabitent dans 3 bâtiments différents, et des liens se créent.

Les logements les moins chers (T1) sont laissés aux anciens. Après déduction des aides au logement, la redevance pour les anciens combattants s’élève à moins de 80 euros par mois, charges comprises.
L’association Sens intervient auprès des personnes âgées et les accompagne dans leurs démarches pour un retour définitif au pays quand il est souhaité.
Une gestionnaire parlant arabe est présente tous les jours. Des lieux de vie, sanitaires et laverie, sont accessibles à chacun, et une salle de réunion permet aux associations du quartier d’abriter quelques-unes de leurs activités ponctuelles (cours de français par Promofemmes…).
Un jardin partagé destinés aux résidants est envisagé dans l’ancienne cour du lycée.

Histoire du lieu en dates clés

  • Le bâtiment, tel qu’on le voit lorsque l’on arrive dans le patio, date d’avant 1730 (comme l’atteste la plaque originale qui y est apposée - sa reproduction du 19e siècle est visible à l’intérieur du bâtiment). À cette époque, le lieu accueille des religieuses chargées de l’hébergement et de l’éducation de jeunes femmes de la paroisse Saint-Michel de Bordeaux.
  • Il devient un collège professionnel en 1956 ; puis le lycée professionnel des Menuts.
  • En 1982 la Région en récupère la propriété, et le lycée est déplacé vers la rue des Douve début des années 2000.
  • Le lieu est resté en sommeil entre 2004 et 2011. Puis a été investi pendant un an environ comme squat par de jeunes adultes suivis par le CEID (Centre d’Etudes et d’Informations sur les Drogues).
  • En 2012, l’appel à projet pour la résidence sociale est lancé.
  • Entre 2015 et 2017 (22 mois), les  lieux ont été en travaux.
  • Mars 2017 : ouverture de la résidence
Le soutien du Conseil régional

Le Conseil régional a participé à la réhabilitation de ce lieu à hauteur de 568 750 euros, et concède à Aquitanis les lieux à travers un bail emphytéotique (c’est-à-dire un bail de très longue durée) d’une valeur de 1 650 000 euros.

*20 logements pour les anciens combattants migrants et 29 logements pour jeunes en situation d'emploi ou de formation (33 T1' et 16 T1bis)