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  1. Modernisations dans la filière bois
Illustration bois © Région Nouvelle-Aquitaine

Modernisations dans la filière bois

Pour exploiter une ressource abondante et de bonne qualité, la filière bois investit. Les entreprises cherchent à transformer autant que possible leur matière première sur site pour créer de la valeur ajoutée. Bois et scieries du centre, Gouny TMB et Scierie des gardes : trois dossiers à la loupe.

25 emplois créés à Bois et scieries du Centre

Avec 10 millions de m3 de bois exploités par an, notre région possède la première forêt cultivée d’Europe. Un tiers du territoire est couvert par la forêt. L’exploitation de cette ressource abondante représente 56000 emplois et rassemble 28000 entreprises pour un chiffre d’affaires global de 10 milliards d’euros par an.

Le secteur se porte plutôt bien, notamment dans l’ex-Limousin où les forêts de douglas constituent un gisement important et de bonne qualité.

Pourtant, « nous accusons un retard certain vis-à-vis de nos voisins européens » commente Gilbert Morlon, directeur de Bois et scieries du Centre. « Nous n’exploitons pas nos bois au maximum. Si la filière bois est en pleine industrialisation, l’effort de modernisation qui reste à faire est important. C’est une nécessité pour se rendre compétitifs au niveau international. ». Gilbert Morlon s’applique ce conseil à lui-même. Son entreprise a résolument pris le tournant de l’industrialisation. Elle s’est équipée Il y a trois ans d’une unité de biomasse pour produire sa propre électricité. « L’énergie produite permet de faire sécher le bois sur place et augmente les marges de l’entreprise sur les ventes » explique-t-il. Elle n’a plus besoin de faire appel à des sous-traitants pour cette opération et réduit le coût du transport avec des bois allégés.

Aujourd’hui, Bois et scieries du Centre se lance dans un ambitieux programme d’investissement qui devrait à terme créer 25 emplois. « Notre lançons une activité de granules pour le chauffage et de cubes palettes pour valoriser l’ensemble des produits connexes issus du sciage qui reste notre cœur de métier. » Le cube palette est ce cube de bois qui joint les deux parties d’une palette. Alors que la France est un des premiers producteurs de palettes en Europe (près de 60 millions par an), 95% des cubes palettes sont importés. Les Scieries du Centre ont trouvé là un débouché prometteur. Une seule autre entreprise produit du cube palette en France.

« Toutes ces nouvelles productions sont calibrées par l’activité de la scierie. Nous sommes autosuffisants en matière première pour limiter au maximum les voyages des produits intermédiaires et ne pas devoir les faire venir sur site d’autres scieries. » Une approche écologique revendiquée par l’entreprise dont l’approvisionnement est exclusivement local. L’approche semble payer. Le chiffre d’affaires, de 13 millions d’euros en 2016, progresse d’un million d’euros par an depuis quelques années et devrait doubler cette année.

Gouny TMB optimise sa production

Gouny TMB
Gouny TMB © Gouny TMB

Chez Gouny TMB, en Haute-Corrèze, le cœur de métier est la construction de maison bois. L’entreprise valorise 15% du bois scié sur son site de production avec son activité de construction bois.  Le bureau d'études qu’elle possède lui permet de formuler des réponses ou des propositions « sur mesure » aux clients et prospects. Là encore, la structure est familiale. Le passage de témoin est en cours de la seconde à la troisième génération.

Outre l’activité de construction, l’entreprise valorise ses produits de sciage pour le marché de l'emballage ou du coffrage. Ces marchés sont très concurrentiels, avec des acteurs nationaux et européens bien positionnés. Pour rester compétitive Gouny cherche donc à améliorer sa productivité en investissant. En effet,  l'entreprise est actuellement pénalisée par des équipements limités en hauteur de coupe qui nécessitent de nombreuses interventions manuelles tout au long du processus de coupe. L’investissement sur toute la partie scierie devrait permettre de juguler une baisse du chiffre d’affaires depuis 3 ans, créer 3 emplois et garantir une meilleure production.

Du matériel de pointe à la Scierie des gardes

Destampes emballages
Destampes emballages © Destampes emballages

Même logique d’industrialisation et de modernisation à la Scierie des gardes. La société est née de la reprise au tribunal de commerce de l'entreprise Mallarini scieries par la société charentaise Destampes emballages en Février 2015, une des leaders français du marché de la palette (128 salariés).

La Scierie des gardes est composée de deux scieries, une localisée à Felletin (23) et l'autre à Meymac (19). Elles emploient 28 salariés au total. Ces deux filiales de Destampes emballages ont une activité de sciage et de rabotage destinée à la fabrication d'emballages industriels et du bois construction (bastaings, liteaux, chevrons, voliges). La moitié des 50 000 m3 de bois qu’elles scient annuellement est absorbée par la société mère d’Etagnac (16).

Le projet d'investissement consiste à mettre en place un nouveau système d'optimisation des sciages 3D accompagné d'un système de recoupe de planches, d'une ligne de broyage et d'un système d'aspiration. Le système 3d permet de choisir la méthode de coupe en analysant le bois.

Ici, deux emplois seront créés mais l’entreprise diminue la pénibilité sur les postes de sciage et pourra augmenter sa production, une nécessité pour rester compétitif.

Soutenir l’investissement des entreprises

La Région accompagne les projets d’investissement matériels des entreprises à hauteur de 20%. Ces investissements sont parfois éligibles au fonds de développement économique et régional (FEDER).

La commission permanente du 3 avril a voté les aides à Bois et scieries du Centre pour un montant de 423 186 sur un montant total d’investissement de 3 526 550€. Gouny TMB s’est vu accorder une aide Région de 366 825,09€ à laquelle s’ajoute 550 237,63€ d’aide européenne du FEDER sur un montant total d’investissement de 3 056 876€.

La commission permanente du 15 mai a voté une aide Région de 100 508,31€ à la Scieries des Gardes sur un montant total d’investissement de 1 256 353,85€.