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  1. La MÉCA et les agences culturelles régionales : cap sur 2019
MECA © Région Nouvelle-Aquitaine

La MÉCA et les agences culturelles régionales : cap sur 2019

La MÉCA ouvrira au printemps 2019. Maison de l'hybridation créative, elle rassemblera deux agences culturelles régionales - l'ALCA (livre cinéma audiovisuel) et l'OARA (spectacle vivant), ainsi que le FRAC, le fonds régional d'art contemporain.
Interviews croisées de Joël Brouch, directeur de l'OARA et Coralie Grimand, directrice de l'ALCA.

Coralie Grimand / Joël Brouch
Coralie Grimand / Joël Brouch © Région Nouvelle-Aquitaine

Pouvez-vous nous présenter l’ALCA / l'OARA ?

Coralie Grimand, directrice de l'ALCA : L’ALCA est la nouvelle agence du livre, du cinéma et de l’audiovisuel de la Nouvelle-Aquitaine. Elle est issue de la fusion de trois associations : ECLA (l’agence du livre et du cinéma  d’Aquitaine), le Centre régional du livre du Limousin et le Centre du livre et de la lecture de Poitou-Charentes. 
C’est une équipe de 43 professionnels passionnés et engagés au service du développement du livre et du cinéma, avec une ambition et des valeurs : défendre les créateurs et la création là où elle reste fragile. C’est ainsi accompagner un premier film qui, sans les fonds d’aide et l’accompagnement de la Région, aurait du mal à voir le jour et à toucher le public, c’est contribuer au maintien des librairies indépendantes, éduquer les lycéens aux images et au cinéma pour qu’ils comprennent mieux le monde dans lequel ils évoluent...

Joël Brouch, directeur de l'OARA : L’Office artistique de la région Nouvelle-Aquitaine est l’agence du Conseil régional de la Nouvelle-Aquitaine en charge du spectacle vivant (théâtre, musique, danse, cirque, arts de la rue...). Il augmente la capacité d’action de la collectivité en créant les conditions de la coopération autour des projets des artistes néo-aquitains. Il coproduit ainsi chaque saison plus de 40 spectacles, organise plus de 50 résidences dans le territoire et une douzaine au Molière-Scène d’Aquitaine, coréalise plus d’un millier de représentations en et hors région. Chaque dispositif développé est co-animé avec les opérateurs culturels. Grâce à leur engagement, l’OARA peut fonctionner avec une petite équipe de huit permanents et consacrer ainsi 67 % du budget dont il dispose à l’activité. En un mot, l’OARA joue un rôle d’ensemblier afin de contribuer à l’émancipation des artistes de sa région.

Quelles sont les priorités de l’agence, les principaux chantiers?

Coralie Grimand, directrice de l'ALCA : Dans un premier temps, l’ALCA doit réussir la fusion de trois entités aux cultures différentes et partager un projet collectif à grande échelle territoriale, en bonne articulation avec les services de la Région et de l’État. Notre vocation est d’être des accélérateurs de projets, au service du tissu régional livre et cinéma. 
Nous devons inventer et expérimenter de nouvelles formes de développement culturel et économique des territoires et conserver une proximité forte avec le terrain, les acteurs professionnels, les besoins spécifiques de certains territoires, de publics éloignés de la culture...
Nous devons aussi nous focaliser là où l’action régionale est particulièrement pertinente. Serons-nous en capacité, en région, d’infléchir la concentration d’industries du cinéma et du livre en Île-de-France  ?  
Nous avons encore du chemin à parcourir pour réussir la décentralisation. Mais la taille, la force et l’ambition de la grande région nous permettent aujourd’hui de peser et d’infléchir les curseurs.

Joël Brouch, directeur de l'OARA : Depuis 2016, l’OARA a une mission élargie au périmètre de la Nouvelle-Aquitaine. Notre priorité est de faire évoluer nos dispositifs afin qu’ils s’adaptent aux nouvelles réalités territoriales et concernent ainsi l’ensemble des acteurs, avec une attention particulière pour le milieu rural et les territoires intermédiaires. Nous multiplions aussi les coopérations avec les opérateurs culturels les plus excentrés (Aubusson, Bressuire, Thouars, Châtellerault...) et favorisons les échanges entre les trois ex-régions. Les premiers résultats sont tangibles et la Nouvelle-Aquitaine est déjà une réalité culturelle et artistique. Nos chantiers sont nombreux car les artistes sont toujours en mouvement et conséquemment nous aussi. Pour aider toujours mieux les jeunes créateurs, nous développons le dispositif « Patience », lançons une « FabDif » (Fabrique de la diffusion) pour faciliter l’émergence de projets artistiques qui n’enferment pas les gens dans un rôle de spectateur et intensifions nos coopérations interrégionales afin d’élargir le territoire de diffusion des spectacles néo-aquitains.

Vous vous installerez en 2019 à la MECA, qu’est-ce que cela représente pour vous ?

Coralie Grimand, directrice de l'ALCA : C’est une chance incroyable. Au-delà du lieu symbolique et du geste architectural audacieux qu’elle incarne déjà, la MECA va nous donner la possibilité, en accueillant l’ALCA, l’OARA et le FRAC Aquitaine, d’inventer un espace où livre, cinéma, spectacle vivant, arts plastiques et visuels... vont se rencontrer, s’hybrider, se renouveler ! Je suis très enthousiaste à l’idée de l’ouverture que cette proximité va induire pour nos équipes, nos façons de travailler, de nous alimenter en idées nouvelles. La MECA, c’est la biodiversité dans le domaine culturel, c’est aussi pour nos professionnels une opportunité de développer des écritures, des langages, des contenus, des projets plus forts, plus créatifs, plus singuliers.

Joël Brouch, directeur de l'OARA : C’est d’abord un changement d’échelle considérable. La scène dont disposera l’OARA à la MECA est six fois plus grande que celle du Molière-Scène d’Aquitaine et nous gérerons aussi un studio de danse de 80 m2. Ces outils performants nous permettront de relever les défis artistiques du XXIe siècle et d’accueillir en résidence des créations XXL. C’est aussi, grâce à la cohabitation avec ALCA et le FRAC, la possibilité de favoriser l’hybridation créative, qui est une réalité pour de nombreux artistes qui se laissent de moins en moins enfermer dans des catégories. C’est surtout un outil qui nous permettra de valoriser les initiatives du territoire, la maison commune de celles et ceux qui, au plus près des habitants, agissent avec talent et conviction. La MECA doit être le totem d’une nouvelle façon de penser et d’agir la culture. 

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> sur la MECA : une nouvelle dynamique culturelle