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  1. La MÉCA et les agences culturelles régionales : cap sur 2019
MECA © Région Nouvelle-Aquitaine

La MÉCA et les agences culturelles régionales : cap sur 2019

La MÉCA ouvrira à l'été 2019. Maison de l'hybridation créative, elle rassemblera deux agences culturelles régionales : l'ALCA (Agence livre, cinéma et audiovisuel en Nouvelle-Aquitaine) et l'OARA (Office artistique de la Région Nouvelle-Aquitaine), ainsi que le FRAC (Fonds régional d'art contemporain) Aquitaine.
Interviews croisées de Claire Jacquet, directrice du Frac Aquitaine, Joël Brouch, directeur de l'OARA et Coralie Grimand, directrice de l'ALCA.

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Pouvez-vous nous présenter votre structure ?

Patrick Volpilhac, directeur de l'ALCA : Agence culturelle de la Région Nouvelle-Aquitaine, ALCA, agence livre, cinéma et audiovisuel en Nouvelle-Aquitaine, est l’interlocutrice privilégiée des professionnels du livre et de l’écrit, du cinéma et de l’audiovisuel.
ALCA concourt à la consolidation des filières livre, cinéma et audiovisuel sur l’ensemble de la chaîne : de la création à l’édition et la diffusion en passant par la production et l’éducation artistique et culturelle.
ALCA accompagne les professionnels du livre, du cinéma et de l’audiovisuel tout au long de leur parcours et de leurs cycles et problématiques de développement. L’agence s’appuie sur des dispositifs régionaux d’accompagnement technique et financier dédiés aux deux filières. Elle vise aussi les coopérations interprofessionnelles entre l’univers de l’écrit et de l’image.
Présente sur 3 sites géographiques (Bordeaux, Limoges et Poitiers), ALCA accompagne et consolide le développement de la politique régionale destinée à valoriser les filières du livre et du cinéma sur l’ensemble du territoire.

Joël Brouch, directeur de l'OARA : L’Office artistique de la région Nouvelle-Aquitaine est l’agence du Conseil régional de la Nouvelle-Aquitaine en charge du spectacle vivant (théâtre, musique, danse, cirque, arts de la rue...). Il augmente la capacité d’action de la collectivité en créant les conditions de la coopération autour des projets des artistes néo-aquitains. Il coproduit ainsi chaque saison plus de 40 spectacles, organise plus de 50 résidences dans le territoire et une douzaine au Molière-Scène d’Aquitaine, coréalise plus d’un millier de représentations en et hors région. Chaque dispositif développé est co-animé avec les opérateurs culturels. Grâce à leur engagement, l’OARA peut fonctionner avec une petite équipe de huit permanents et consacrer ainsi 67 % du budget dont il dispose à l’activité. En un mot, l’OARA joue un rôle d’ensemblier afin de contribuer à l’émancipation des artistes de sa région.

Claire Jacquet, directrice du Frac Aquitaine : Les Fonds régionaux d'art contemporain en France sont des outils assez uniques en leur genre. Créés au début des années 1980, ils sont nés de la politique de décentralisation, sur la base d'un partenariat inédit et solide liant les Régions et l’Etat. Leurs missions ? Soutenir la création par le biais d’une collection d'œuvres d'art émanant d'artistes vivants, puis la diffuser sur le territoire et auprès de tous, conférant ainsi à ces outils une mission de service public. Aujourd'hui, le Frac Aquitaine est à la tête d’une collection inégalable de 1200 œuvres dont plus de 50 % circule chaque année dans des lieux très variés de notre Région mais aussi en France et à l'étranger. 

 

 

Quelles sont vos priorités, vos principaux chantiers?

Patrick Volpilhac, directeur de l'ALCA : L’ALCA porte un projet ambitieux de soutien au livre et à la lecture, au cinéma et à l’audiovisuel ainsi qu’à l’éducation artistique et culturelle et vise le développement de communautés et d’industries culturelles et créatives sur tout le territoire de Nouvelle-Aquitaine. L’agence a vocation à encourager la création et l’émergence, à renforcer le maillage territorial sur ces thématiques, à garantir l’accès à tous les publics néo-aquitains à une offre culturelle et de création innovante, plurielle et indépendante.
Dans le cadre des grands objectifs fixés à ALCA par ses tutelles, l’agence a la nécessité d’imaginer, de développer et d’innover dans la création et la mise en œuvre d’actions qui permettront la professionnalisation des acteurs néo-aquitains. (ex : les résidences de territoire).
C’est pourquoi, ALCA concrétise aujourd’hui dans le champ du livre, du cinéma et de l’audiovisuel, la collaboration entre institutions publiques et professionnelles par l’élaboration d’outils et de démarches d’accompagnement, de formation, de communication, de partenariat, d’expertise…

Joël Brouch, directeur de l'OARA : Depuis 2016, l’OARA a une mission élargie au périmètre de la Nouvelle-Aquitaine. Notre priorité est de faire évoluer nos dispositifs afin qu’ils s’adaptent aux nouvelles réalités territoriales et concernent ainsi l’ensemble des acteurs, avec une attention particulière pour le milieu rural et les territoires intermédiaires. Nous multiplions aussi les coopérations avec les opérateurs culturels les plus excentrés (Aubusson, Bressuire, Thouars, Châtellerault...) et favorisons les échanges entre les trois ex-régions. Les premiers résultats sont tangibles et la Nouvelle-Aquitaine est déjà une réalité culturelle et artistique. Nos chantiers sont nombreux car les artistes sont toujours en mouvement et conséquemment nous aussi. Pour aider toujours mieux les jeunes créateurs, nous développons le dispositif « Patience », lançons une « FabDif » (Fabrique de la diffusion) pour faciliter l’émergence de projets artistiques qui n’enferment pas les gens dans un rôle de spectateur et intensifions nos coopérations interrégionales afin d’élargir le territoire de diffusion des spectacles néo-aquitains.

Claire Jacquet directrice du Frac Aquitaine : A l’heure actuelle, la priorité pour le Frac Aquitaine est de réussir son emménagement à la MÉCA, et par conséquent un tournant de son histoire ! C’est un chantier qui nécessite d’effectuer l’inventaire de ce patrimoine d'art contemporain et qui implique un travail scientifique conséquent. Et bien sûr, il s’agit de prévoir la programmation artistique dans ce nouveau bâtiment, et d'intensifier nos actions « hors les murs » avec les partenaires en Région, les Frac Limousin et Poitou-Charentes, mais aussi par le biais de coopérations internationales. Toute l’équipe est au travail et se consacre à la préparation de la première exposition, « Il est une fois dans l'Ouest », qui valorisera les richesses et talents du territoire.

Vous vous installerez en 2019 à la MECA, qu’est-ce que cela représente pour vous ?

Patrick Volpilhac, directeur de l'ALCA : Pour l’ALCA, l’installation au sein de la MÉCA permet de construire un outil solide et ambitieux au service de l’ensemble du territoire. Ce bâtiment rend possible un meilleur accueil des professionnels et faire de ce lieu un outil au service de nos interlocuteurs et de tous les territoires. En effet, l’ALCA dispose d’équipements spécifiques tels que l’espace d’incubation de projets et de coworking pour les professionnels du livre ou la salle de projection de 80 places. Autant d’espaces pour contribuer à la professionnalisation de nos filières.
La cohabitation avec le FRAC et l’OARA va nous permettre également de mettre en œuvre des opérations communes et de développer des actions interdisciplinaires dans les domaines du livre, du cinéma et de l’audiovisuel, du spectacle vivant et de l’art contemporain.

Joël Brouch, directeur de l'OARA : C’est d’abord un changement d’échelle considérable. La scène dont disposera l’OARA à la MECA est six fois plus grande que celle du Molière-Scène d’Aquitaine et nous gérerons aussi un studio de danse de 80 m2. Ces outils performants nous permettront de relever les défis artistiques du XXIe siècle et d’accueillir en résidence des créations XXL. C’est aussi, grâce à la cohabitation avec ALCA et le FRAC, la possibilité de favoriser l’hybridation créative, qui est une réalité pour de nombreux artistes qui se laissent de moins en moins enfermer dans des catégories. C’est surtout un outil qui nous permettra de valoriser les initiatives du territoire, la maison commune de celles et ceux qui, au plus près des habitants, agissent avec talent et conviction. La MECA doit être le totem d’une nouvelle façon de penser et d’agir la culture. 

Claire Jacquet directrice du Frac Aquitaine : À n'en pas douter une nouvelle dynamique avec le territoire, car cet outil demeure à son service, mais aussi avec les créateurs qui profiteront de nouveaux espaces de travail (un Pôle Innovation et Créativité dédié à des projets liant artiste-entreprise) ou de perspectives croisées entre cinéma, littérature, spectacle, art. La MÉCA constitue une formidable vitrine pour l’art contemporain auquel nous donnerons plus de rayonnement et d'intensité encore. Tout notre projet est pensé pour répondre aux enjeux de nomadisme (par l'itinérance, le numérique), maintenir une offre artistique sur l'ensemble du territoire et accompagner une politique culturelle régionale ambitieuse. La MÉCA, par la volonté de la Région Nouvelle-Aquitaine avec le soutien de l'Etat, ouvre une nouvelle séquence aux défis conjugués de la démocratisation et de la décentralisation culturelle.

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> sur la MECA : une nouvelle dynamique culturelle