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  1. Maraîchage solidaire
Le Comptoir fraternel © Région Nouvelle-Aquitaine

Maraîchage solidaire

A Cussac (Haute-Vienne), le Comptoir fraternel se lance dans le maraichage bio pour fournir les habitants et les collectivités avec à la clé la création d’emplois en insertion.

Le Comptoir fraternel
Le Comptoir fraternel © Région Nouvelle-Aquitaine

Il faut encore se projeter un peu, mais l’essentiel est là : 5 hectares labourés, un abri agricole pour le matériel, un premier tunnel pour faire grandir les plants. « Au début du printemps, il n’y avait que le champ et rien d’autre » se souvient Grégory Vancaneghem. Le maraîcher, salarié par l’association depuis décembre rongeait son frein. Depuis, le matériel est arrivé. Le tracteur d’abord, acheté d’occasion. Puis, le tunnel et l’abri ont été installés avec l’aide de bénévoles locaux. Le projet du Comptoir fraternel commence à prendre forme.

une ferme coopérative alternative bio

« Je voulais créer mon exploitation en maraîchage depuis plusieurs années. L’arrivée à Cussac a été le déclencheur du projet. » Avec Jean-François Duseigneur qu’il connaît de longue date, Grégory imagine le Comptoir fraternel, une ferme coopérative alternative bio pour redonner un accès à l’emploi à ceux qui en sont éloignés. Ils ont l’expérience pour eux. Jean-François a travaillé au siège des jardins de Cocagne, un réseau national de jardins d’insertion. Il s’occupe aujourd’hui de la thématique alimentaire au Secours Catholique. Grégory, lui, est arrivé au maraichage en 2011 après être passé par le management artistique. « J’ai eu la chance de découvrir toutes les facettes du métier pendant 2 ans avant de passer mon BPREA (brevet professionnel de responsable d’exploitation). Et il est aussi passé par les jardins de Cocagne. D’où peut-être la forte dimension sociale du projet.

Un modèle hybride

« Nous créons un modèle hybride où l’on va générer de la valeur économique et sociale » explique Jean-François. L’objectif est de vendre les légumes aux particuliers, aux personnes en difficulté et, à prix négociés, aux collectivités locales. L’approche a enthousiasmé la mairie, bien engagée dans la transition écologique. Pour le maire, c’est une « belle opportunité à la fois de créer des emplois locaux, mais aussi de fournir les repas qu’assure la collectivité. Et ce serait très bien si le projet pouvait permettre de réinsérer quelques personnes du village qui en ont bien besoin. » L’Ehpad, l’école primaire, le village vacance et la distribution de repas à domicile assurée par la communauté de communes, représentent 20000 repas par an. La demande locale est donc bien là.

« Commencer modeste »

La mairie loue donc à l’association, pour une somme modique, un beau champ de 5 hectares en bordure des habitations. « Nous allons commencer modeste sur un hectare et demi » précise Grégory. « L’objectif est de créer des bases solides, puis grandir peu à peu. »  Le maraîcher s’est lancé sur une gamme de légumes suffisamment large pour que les clients y trouvent leur compte. « Tout sauf des carottes dont les jeunes plants ont besoin d’apports réguliers en eau qu’on pourrait ne pas pouvoir apporter. » Lorsque la production sera bien lancée, le Comptoir Fraternel compte créer un drive avec commande sur internet où l’on créera son panier en ligne.

L’initiative est bien perçue et bénéficie des énergies locales. Des habitants se sont déjà investis dans le bénévolat. Un agriculteur voisin est venu labourer le champ : « les jeunes qui s’installent avec de la bonne volonté, je leur donne un coup de main ». La Turbine, le tout jeune bar associatif local s’est proposé pour distribuer les futurs paniers du comptoir à ses adhérents. Et la mairie étudie la possibilité de faire organiser la livraison par l’intermédiaire du service intercommunal de livraison de repas.

Le soutien de la Région

La Région soutient le projet avec une aide de plus de 33000 euros. Le Secours Catholique s’est également engagé financièrement. L’association compte pouvoir embaucher en insertion dès l’an prochain, pour les prochaines récoltes. Là il faudra créer un emploi dédié explique Jean-François, « car il y a deux métiers bien différent : faire pousser les légumes et encadrer des personnes en insertion. »