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  1. La filière cuir : une priorité de la Région
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La filière cuir : une priorité de la Région

Mardi 7 mars, la visite d’Alain Rousset, président de la Région Nouvelle-Aquitaine, auprès des acteurs de la filière cuir, à Thiviers (24) et Saint-Junien (87) confirme l’engagement du conseil régional dans ce secteur artisanal d’excellence.

En Nouvelle-Aquitaine, la filière cuir compte des marques prestigieuses sur le plan international comme Repetto (24), Weston (87), Hermes (24), Le Tanneur (19), CWD Sellier (24, 64)… et de nombreuses PME/TPE comme Ferrand (16), Rubi Cuir (24), Laffargue (64), Parallèle (87), Chamberlan (24), Agnelle (87), Daguet (87).

Avec 3800 emplois, le poids économique de l'industrie du cuir est une fois et demi plus important qu’au niveau national. Cependant le secteur rencontre des difficultés au niveau de l’approvisionnement en matière première de qualité et de ses besoins en personnel formé.

Première assemblée générale du cluster Réso’Cuir

Cluster Réso'Cuir
Cluster Réso'Cuir © Région Nouvelle-Aquitaine

Depuis le 22 novembre 2016 et l’assemblée générale constitutive du Cluster Réso’Cuir, les acteurs régionaux ont souhaité répondre collectivement aux besoins des entreprises du cuir autour de trois axes : soutien et  développement des entreprises (informations sur des aides à l’élaboration d’un projet de formation ou aux démarches pour l’obtention du label Entreprise du Patrimoine Vivant…), création d’initiatives innovantes telle que les Portes du cuir et la future Cité du cuir et le travail en partenariat avec d’autres filières identifiées prioritaires : bois, aéronautique…

  • Pour Laurent Duray, le président du Réso’Cuir, le cluster doit « faire progresser individuellement les entreprises qui le composent dans une recherche de victoires collectives ».

  • Pour Alain Rousset le cluster permet « aux entreprises de se dé-isoler et de travailler ensemble sur le potentiel de développement… et ça marche ! ».

L’assemblée générale a travaillé notamment sur l’organisation des prochaines Portes du Cuir 2017 regroupant sur trois jours la majorité des métiers de la filière : syndicats et associations de professionnels.

Le Pôle d’Excellence du cuir et du Luxe à Thiviers

Cuir et Luxe pôle d'excellence
Cuir et Luxe pôle d'excellence © Région Nouvelle-Aquitaine

La Région Aquitaine s’était dotée en 2014 d’un Pôle d’excellence des métiers du cuir à Thiviers (24). Cette politique a été amplifiée par la Région Nouvelle-Aquitaine pour répondre aux besoins de main d’œuvre qualifiée des entreprises. Ce centre de formation dédié au cuir est situé au sein du lycée professionnel à Thiviers et permet aux entreprises de former leurs salariés mais aussi des scolaires et des demandeurs d’emploi en reconversion.

Les nouvelles formations pour la rentrée 2017 dans le cadre du plan régional de formation (PRF) :

  • Ouverture d’un CAP Maroquinerie en formation, apprentissage ou formation initiale sous statut scolaire
  • Ouverture d’un CAP Sellerie générale et Maroquinerie  en formation initiale sous statut scolaire.
Cuir et Luxe pôle d'excellence
Cuir et Luxe pôle d'excellence © Région Nouvelle-Aquitaine

L’entreprise Daguet à Saint-Junien

Maison Daguet à Saint-Junien
Maison Daguet à Saint-Junien © Murielle Babin

Thibault Fabre D’Echallens co-gérant de la maison Daguet a fait son apprentissage dans l’entreprise de Claude Rejeasse. C’est lui qui le contacte lorsqu’il cherche un repreneur « quelqu’un de jeune, de motivé, quelqu’un d’ici qui ne délocaliserait pas » : c’était le profil du futur repreneur alors âgé de 24 ans ! Avec Jean Du Verdier de Genouillac, en 2009, ils débloquent les fonds auprès des banques. L’entreprise est rebaptisée Daguet en 2012.

Labélisée Entreprise du Patrimoine Vivant, la maison Daguet réalise des ceintures et des sacs haut de gamme grâce au talent d’une équipe de quinze coupeurs et piqueuses (ils étaient six il y a sept ans). Ses clients sont des marques de grand luxe qui commandent des pièces uniques : un créneau peu concurrentiel selon le gérant. En 2005, la PME crée deux nouvelles marques : Daguet Luxe et Daguet Design. Elle est aussi adhérente de l’association Luxe et Excellence en Limousin qui regroupe les entreprises de luxe du territoire.

Pour l’entrepreneur, l’industrie du cuir pour le marché du luxe est un secteur d’avenir : « les grandes maisons recrutent, la maison Hermès va s’installer à Saint-Junien avec des créations d’emplois à la clé. » Cependant, pour rester à un tel niveau « il faut savoir innover ». La maison Daguet propose à ses clients sur la base de son catalogue, toutes les finitions, colories, teintures souhaitées.

En 2016, elle a sollicité la Région Nouvelle-Aquitaine pour financer un investissement important : une machine de découpe numérique combinant rapidité, précision et travail sur des petites séries. La Région lui a accordé une avance remboursable de 69 000€.

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Maison Daguet à Saint-Junien © Murielle Babin
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Maison Daguet à Saint-Junien © Murielle Babin

La Cité du cuir de Saint-Junien

Cité du cuir
Cité du cuir © Murielle Babin

Le projet Cité du Cuir à Saint-Junien s’appuie sur le patrimoine industriel de la ganterie et de la mégisserie et sa filière locale toujours active tournée vers le luxe et le haut de gamme. Il sera implanté sur un ancien site de lavage de laine au bord de la Vienne.

Alain Rousset, président de la Région Nouvelle-Aquitaine :   « ce type d’initiative qui permet de mettre en valeur nos territoires et notre patrimoine industriel de haute qualité. »

Thibault Fabre D’Echallens, co-gérant de l’entreprise Daguet : « l’installation de la Cité du Cuir à Saint-Junien est un hommage aux gantières, tanneurs et mégissiers qui ont œuvré pendant deux cent ans à Saint-Junien. Ce projet n’oublie pas le côté actuel de nos métiers. Cela va être quelque chose de moderne, de vivant, de frais !»

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Cité du cuir à Saint-Junien © Murielle Babin
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Cité du cuir à Saint-Junien © Murielle Babin
La Cité du Cuir : un projet touristique patrimonial et économique

Le projet dont le coût total s’élève à 9,3 millions d’euros comportera deux parties ouvertes au public : la muséographie (expositions, centre de documentation, ateliers pédagogiques et boutiques) et les animations. Parallèlement, un promoteur privé chargé d’assurer le fonctionnement et la vie du site gérera un restaurant, des salles de séminaires et des solutions d’hébergements. L’entreprise Hermès implantera également sur le site un atelier de fabrication de petite maroquinerie. L’ensemble de ces activités génèrera de nouveaux emplois et consolidera le nombre d’emplois actuels de la filière.

La Région apportera une aide de 400 000€ votée par la commission permanente de juillet 2016 : 100 000€ au titre des politiques territoriales et 300 000€ au titre des politiques patrimoniales.

Les crédits européens s’élèveront à hauteur de 2 817 055€ (soit 28,2% du coût global) au titre du FEDER en qualité de projet global de valorisation du patrimoine.

L’autofinancement de la Communauté de communes est prévue à hauteur de 45% soit 4,2 millions d’euros.

La filière Cuir une priorité de la Région
La filière Cuir une priorité de la Région © Murielle Babin
« Une croissance de 100 emplois par an », Alain Rousset, président de la Nouvelle-Aquitaine

« C’est une filière porteuse d’espoir en termes de formation et donc d’emploi qui permet de rouvrir des mégisseries et des tanneries. On reconstitue un secteur qui comptait dix mille emplois il y a trente ans. Aujourd’hui, on arrive à 4.000 avec une croissance de 100 emplois par an. Des grandes entreprises de luxe se sont installées dans ce triangle magique Saint-Junien-Nontron-Thiviers-Montbron, à cheval sur les trois anciennes régions. Finalement, la filière cuir était l’anticipation de la grande région.

Pour accompagner le développement de la filière et l’approvisionnement de matière première, il faut désormais demander aux éleveurs de supprimer les barbelés et soigner les tiques sur les animaux. Car ces deux plaies font que le cuir français n’est pas d’assez bonne qualité pour répondre aux grandes marques à l’exportation. De fait on pourra rouvrir les tanneries et les entreprises d’ici pourront travailler avec le cuir local. C’est ce que l’on appelle l’économie circulaire.

Nous accompagnons une image de marque loin de Bordeaux et loin du littoral, en zone rurale, avec des emplois de qualité et a priori non délocalisables, à partir d’une filière qui se reconstitue grâce au haut de gamme. Notre rôle est double : accompagner des lycées à devenir des centres de formation pour le secteur et aider les entreprises à se moderniser. »