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  1. Experts de la transition agricole
ACPEL © Yannick Pirot

Experts de la transition agricole

Les techniciens de l’Association collaborative de production, d’expérimentations et de références légumières, basée à Saintes (17), mettent en œuvre des solutions pour réduire la dépendance aux produits phytopharmaceutiques.

La mission de l’ACPEL ? Accompagner la transition agricole. Implantée sur le site du lycée horticole et paysager du Petit Chadignac, l’association planche sur les solutions de demain pour réduire la dépendance aux produits phytopharmaceutiques des producteurs. « Ils sont très demandeurs, avec la pression des pouvoirs publics et des consommateurs. Nous essayons d’apporter des réponses à leurs problématiques », avance David Bouvard, le responsable technique et administratif de l’ACPEL. L’association fondée en 1984 et ses quatre techniciens travaillent essentiellement sur les variétés cultivées dans le Poitou et les Charentes, en lien étroit avec les professionnels de ces filières. À savoir le melon ou la pomme de terre de primeur cultivée sur l’île de Ré. Des recherches thématiques sont aussi menées, selon les besoins, sur la tomate, l’oignon, le céleri… L’agriculture biologique représente, elle, 20 % de son activité. Une part en hausse constante. « On se rapproche toujours plus de la bio, année après année », confirme David Bouvard.

Développer le biocontrôle

C’est pour poursuivre ces travaux que la Région Nouvelle-Aquitaine a décidé d’octroyer une aide de près de 45 000 euros à l’ACPEL, également financée par ses adhérents, la Fédération régionale d’agriculture biologique (FRAB) Nouvelle-Aquitaine, la Coopérative de l’île de Ré et l’Association interprofessionnelle melon (AIM). Ces fonds alimentent notamment des recherches sur les moyens de biocontrôle. En clair : les méthodes s’appuyant sur des mécanismes naturels. « Des coccinelles, par exemple, ou des champignons volontairement pulvérisés sur les cultures pour contrecarrer les effets d’autres espèces néfastes pour les plantes », détaille Samuel Ménard, le responsable du maraîchage biodiversifié. Des travaux sur l’oïdium du melon ont ainsi prouvé l’efficacité d’une levure pour réduire de 40 % les traitements habituels. « Ce mécanisme naturel préventif empêche l’oïdium de pénétrer dans la plante et limite le recours à d’autres produits », précise David Bouvard.
 

Protéger durablement les cultures

L’ACPEL expérimente également l’introduction de bandes fleuries sous serre pour la production maraîchère et biologique. L’idée ? Cultiver des fleurs près des légumes pour y attirer des insectes bien précis, ennemis naturels des ravageurs. « Les premiers résultats sont très encourageants. Avec ces bandes enherbées, nous favorisons leur reproduction, décrypte Samuel Ménard. Nous avons ainsi pu supprimer deux lâchers d’auxiliaires sur les dix habituels, qui coûtent très cher. » Les travaux de l’association s’inscrivent dans la durée : trois ans en moyenne pour obtenir des données fi ables et exploitables. « Tout dépend aussi des conditions climatiques », rappelle David Bouvard. Les objectifs poursuivis par l’ACPEL sont, eux, ambitieux : « protéger durablement les cultures et reléguer l’utilisation des produits phytopharmaceutiques de synthèse en dernier recours ».