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  1. Des Etoiles et des Femmes : gastronomes et solidaires
Etoiles femmes © Fabrice Tardif

Des Etoiles et des Femmes : gastronomes et solidaires

Le 27 novembre dernier, le programme Des Étoiles et Des Femmes était présenté à l'Hôtel Pullman de Bordeaux Lac. Un projet soutenu par la Région Nouvelle-Aquitaine et Pôle Emploi où les savoir-faire des chefs accompagnent la formation et l'insertion des femmes.

Des Étoiles et Des Femmes est l'adaptation d'un projet initié à l'origine par le célèbre chef Alain Ducasse. Ce programme permet à des femmes en difficulté d'insertion de retrouver un emploi grâce à la cuisine. Son originalité est d'associer des grands restaurateurs qui reçoivent dans leurs établissements les candidates en formation. L'initiative se déploie avec succès dans plusieurs villes françaises grâce au réseau d'insertion La Table de Cana qui coordonne le projet à Bordeaux. La formation, assurée par l’INFA de Gradignan, est constituée de douze femmes d’origines différentes, préparant le CAP en un an.
Le Conseil régional et Pôle Emploi financent ce programme* auquel participent également des fondations d’entreprises. « Des Étoiles et des Femmes est une application concrète de la politique régionale en matière d’égalité des droits des femmes et d'accession à l'emploi, pour plus de solidarité », commente Anne-Laure Bedu, conseillère régionale déléguée au transfert, à l'innovation et à l'accélération. Le directeur régional de Pôle Emploi, Frédéric Toubeau, rappelle l’engagement de son organisme « pour ceux qui en ont le plus besoin », dans un secteur de l’hôtellerie restauration avec un réel potentiel (7,5 % de l’emploi salarié régional).  

Une découverte complète du métier

Les 12 chefs bordelais qui participent au programme représentent la gastronomie dans sa diversité. On peut citer entre autres Vivien Durand du Prince Noir, Thomas Morel, du Pavillon des Boulevards, chacun une étoile au Michelin, Franck Audu de La Tupina ou des enseignes de l’hôtellerie (Pullman, Mercure…). Ces talents expriment leur enthousiasme pour des femmes « qui arrivent le matin avec un grand sourire et une belle volonté », commente Romain Guyot, du restaurant Le Gabriel. La cuisine reste un univers masculin où mixité et parité apportent de l’équilibre.
Toutes les jeunes femmes disent leur plaisir d’apprendre, le courage qu’il faut pour prendre confiance, l’aide trouvée vis-à-vis des difficultés quotidiennes (garde des enfants, mobilité). Leur formateur, Vincent Balzamo, est lui-même un ancien cuisinier très impliqué. « Restaurants étoilés ou banquets de l’hôtellerie, nos candidates découvrent toutes les facettes du métier pour une pratique complète. »
Parmi elles, Marguerite Ndiaye, bordelaise, était auparavant femme de ménage. Cette passionnée de cuisine a muri sa reconversion lors d’un repas de mariage pour 120 personnes dont elle a assuré seule la préparation ! En formation à l’Hôtel Mercure Cité mondiale, elle apprend à travailler les produits frais : poissons, volailles, sauces, pâtisseries… autant de techniques à maîtriser. Elle se forge des bases solides, avec les outils nécessaires pour envisager un projet personnel par la suite.
À Marseille, les candidates ont obtenu 100 % de réussite au CAP et 75 % ont trouvé un emploi ou créé leur activité. Des résultats motivants pour les futures lauréates bordelaises !

*À hauteur de 50 000 euros pour la Région.