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  1. Enseignement supérieur, recherche et innovation : vers une Société de la connaissance
Vers une Société de la connaissance © Françoise Roch

Enseignement supérieur, recherche et innovation : vers une Société de la connaissance

La qualité de l’enseignement supérieur et de la recherche constitue un atout indispensable pour le renforcement de la compétitivité de notre territoire : attractivité, croissance et emploi. Le Schéma Régional de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche et de l’Innovation (SRESRI) définit les priorités d’intervention et les orientations partagées par tous les acteurs.

Sommaire
  1. Les ambitions du schéma
  2. Les conditions de réussite du schéma

Les ambitions du schéma

Le Schéma Régional de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche et de l’Innovation (SRESRI), voté en séance plénière du 26 mars 2018, est construit autour de 5 grandes ambitions :

1/ Améliorer le potentiel universitaire et scientifique de la région

Cette ambition vise à développer l’attractivité et le rayonnement de ses différents sites d’enseignement supérieur et de recherche et à apporter des réponses aux déficits constatés en Nouvelle-Aquitaine par rapport à son poids démographique et aux moyennes nationales, tant sur le plan de la recherche que de la formation (effectifs étudiants, nombre de chercheurs publics et privés ou d’enseignants-chercheurs).

La Région met en place des actions pour combler ces écarts :

  • peser pour une dynamique de croissance des moyens alloués à la recherche : ressources humaines, infrastructures, équipements ;
  • conforter et susciter l’excellence sur tout le territoire : maintenir et renforcer les pôles d’excellence actuels, accompagner les dynamiques naissantes, privilégier le développement de thématiques faisant écho aux enjeux des territoires ;
  • développer une offre de formation en ingénierie pour faire face aux besoins croissants d’ingénieurs : augmentation des effectifs des écoles déjà implantées, implantation d’antennes d’écoles extérieures à la région, création de nouvelles structures de formation, développement de la formation continue ou par apprentissage en réponse à des besoins identifiés dans les territoires ;
  • accroître l’internationalisation : attirer des talents (étudiants, doctorants, post-doctorants, enseignants-chercheurs, chercheurs), nouer des partenariats et encourager la mobilité internationale.

2/ Lutter contre les inégalités territoriales

La Région s’attache à lutter contre les disparités présentes sur le territoire : accès à l’enseignement supérieur, réussite étudiante ou encore développement de la recherche.

De quelles disparités parle-t-on ?

  • niveau de qualification de la population (par exemple, en Lot-et-Garonne, seulement 32,4% des 30 – 34 ans détiennent un diplôme de l’enseignement supérieur, contre 45,8% en Gironde et 46,5% en Pyrénées, avec une moyenne régionale de 40,8% et nationale de 43,8%) ;
  • poursuites des études des bacheliers dans l’enseignement supérieur : sur environ 57 000 bacheliers en Nouvelle-Aquitaine chaque année, 73,5% à 74,2 % d’entre eux (selon les académies) poursuivent leurs études dans l’enseignement supérieur, contre 80% au niveau national ;
  • localisation des forces universitaires et scientifiques, comme par exemple les effectifs étudiants concentrés pour 47,5% d’entre eux sur la métropole bordelaise, aux côtés de 50% des effectifs d’enseignants-chercheurs ;
  • conditions d’études et de vie des étudiants.

Face à ces constats, le SRESRI vise à :

  • faciliter l’accès à l’enseignement supérieur : mieux définir avec tous les acteurs concernés les besoins d’accompagnement et d’incitation à la poursuite d’études et déployer les réponses les mieux adaptées à la diversité des situations territoriales et individuelles ;
  • développer les conditions de réussite en s’adaptant aux besoins des étudiants : mieux accompagner les parcours d’orientation et de formation, adapter l’offre de formation et les pratiques pédagogiques à la diversité des publics, améliorer les conditions d’études et de vie des étudiants (lieux d’apprentissage et d’information, logement, restauration, transport, vie sur les campus, vie culturelle et sportive, accès aux soins et à l’aide sociale…), prendre en compte la relation ville/campus et cité/étudiant, adapter les équipements et les services aux attentes des futures générations d’étudiants, associer les usagers aux réflexions menées ;
  • favoriser les coopérations intra-régionales pour une solidarité territoriale : les forces de la Nouvelle-Aquitaine sont inégalement réparties sur l’ensemble du territoire régional avec un effet de métropolisation et de chef-lieu. Il s’agit alors de désenclaver des sites universitaires ou des équipes d’enseignants-chercheurs, de renforcer la plus-value des projets initiés et des expérimentations menées par les établissements.

3/ Structurer en réseaux les forces de recherche et d’enseignement supérieur associées

Afin de répondre aux grands enjeux sociétaux (transition écologique et énergétique, révolution numérique, amélioration de la performance industrielle, création de produits à haute valeur ajoutée, développement des transports intelligents, accompagnement du vieillissement…), la Région souhaite structurer au niveau régional les forces de recherche pluridisciplinaires et d’enseignement supérieur associées (développer des formations dont le contenu doit être associé aux avancées de la recherche) :

  • caractériser les enjeux et les dynamiques régionales associées : définir le périmètre thématique et identifier le réseau d’acteurs sur lequel s’appuyer, mieux appréhender le positionnement d’un futur réseau à l’échelle nationale, européenne et internationale, préciser l’articulation entre les stratégies des acteurs et les ambitions politiques portées par la Région et enfin faire converger les efforts des partenaires sur des thématiques prioritaires ;
  • initier des réseaux de recherche pluridisciplinaires intra-régionaux : apporter des réponses aux différents enjeux par un adossement à des activités scientifiques s’inscrivant dans une démarche d’excellence, présenter un caractère pluridisciplinaire alliant toutes les sciences et notamment les sciences humaines et sociales, offrir une couverture territoriale suffisante notamment par une coopération au sein de ces réseaux entre les sites universitaires de la région, fédérer les compétences présentes sur le territoire afin de constituer une force de recherche organisée, constituer en amont un appui scientifique pour la Société en termes de contenu de formations, d’innovation sous toutes ses formes et de dialogue entre Science et Société.

4/ Développer les déterminants de l’innovation sur le territoire régional

La Région entend soutenir et promouvoir la créativité et l’innovation des acteurs au sein d’espaces infrarégionaux, dits « territoires d’innovation », et des filières constituées au niveau régional :

  • promouvoir une offre de formation initiale et continue en lien avec les besoins des territoires : disposer d’analyses fines des besoins des territoires et des secteurs d’activités de la Nouvelle-Aquitaine en matière de compétences et de formations, dans une approche prospective, en lien avec l’évolution des métiers et l’émergence de nouvelles filières, ainsi que l’impact de la digitalisation des secteurs d’activité. L’offre de formation devra également être appréhendée dans toute sa diversité, dans une approche « formation tout au long de la vie » qui englobe formation initiale et continue ;
  • renforcer les connections entre les mondes académique et socio-économique pour soutenir les processus d’innovation ouverte : organiser et renforcer la coordination des différents acteurs, pour doter la région d’un système de soutien à l’innovation fonctionnel, lisible et performant, capable de déployer sur l’ensemble du territoire des démarches d’innovation ouverte et de répondre efficacement aux besoins multiples des acteurs économiques et sociaux pour innover ;
  • favoriser et accompagner les dynamiques et initiatives entrepreneuriales : mieux articuler les différentes initiatives à l’échelle régionale afin d’optimiser les actions menées, de consolider un réseau régional d’acteurs de la sensibilisation et de l’accompagnement, et d’irriguer le territoire pour permettre aux étudiants ou entrepreneurs de déployer leur projet de création d’entreprise.

5/ Aider les citoyens à mieux appréhender la science, ses applications et leurs impacts

La diffusion de la culture scientifique, technique et industrielle (CSTI), sous quelque forme que ce soit, contribue à développer l’information et la réflexion des citoyens, à renforcer leur esprit critique, leur curiosité et leur capacité à débattre et à enrichir la vie démocratique et culturelle d’un territoire. Pour ce faire, la Région s’appuie sur une diversité d’acteurs et d’actions :

  • partager une stratégie de diffusion de la CSTI ambitieuse impliquant tous les acteurs de l’enseignement supérieur et de la recherche : atteindre l’ensemble de la population en détaillant les cibles, les objectifs et les actions de manière organisée et concertée, cerner finement les besoins et les attentes des acteurs impliqués dans la diffusion de la CSTI et prendre en considération les bénéficiaires des actions menées ;
  • structurer le réseau de la culture scientifique, technique et industrielle ;
  • promouvoir une démarche qualité pour partager un socle de valeurs et de standards pour la création et le déploiement d’actions de diffusion de la CSTI : garantir aux citoyens l’accès à des manifestations ou des actions de qualité quel que soit le territoire et faciliter les coopérations entre structures.
Schéma Régional de l'Enseignement Supérieur, de la Recherche et de l'Innovation
Schéma Régional de l'Enseignement Supérieur, de la Recherche et de l'Innovation © Région Nouvelle-Aquitaine

Les conditions de réussite du schéma

  • Affirmer le rôle de chef de file de la Région

Pour assurer la réussite de la mise en œuvre du SRESRI, la Région assumera pleinement son rôle de chef de file et elle s’efforcera de garantir aux acteurs un dialogue de qualité pour permettre une convergence des stratégies et une bonne coordination des interventions.
De manière opérationnelle, la Région mettra en place des dialogues bilatéraux avec l’Etat, les établissements, les collectivités locales, et d’une manière générale tous les acteurs majeurs du système, afin d’avoir une connaissance globale de l’ensemble des stratégies relatives à l’enseignement supérieur et à la recherche définies à diverses échelles. Elle instaurera également un système de gouvernance permettant le partage de l’information et la convergence des stratégies, reposant sur trois instances.

  • Partager et porter collectivement la stratégie

Le système original de gouvernance partagée retenu combine :
> une Conférence régionale de la Recherche, de l’Enseignement Supérieur et du Transfert de technologie (CREST), mise en place à l’initiative de la Région pour pallier l’absence d’instance unique de dialogue ;
> et le Comité Consultatif Régional de la Recherche et du Développement Technologique (CCRRDT), introduit par le législateur depuis les premières lois de décentralisation pour permettre à la société civile d’être associée aux questions d’enseignement supérieur et de recherche en région.
Ce duo d’instances aux missions bien distinctes et complémentaires est soutenu par un groupe de travail « enseignement supérieur et recherche » de la Conférence Territoriale de l’Action Publique (CTAP) qui assure le partage de la stratégie avec les collectivités territoriales souhaitant s’impliquer. L’association des acteurs territoriaux sera formellement définie dans le cadre d’une Convention Territoriale d’Exercice Concerté (CTEC).

  • Piloter efficacement en s’appuyant sur des outils performants

La mise en œuvre de la stratégie régionale impose de s’appuyer sur une organisation et des outils performants. Il s’agit d’une part, de créer un observatoire régional de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation, et d’autre part, de déployer une démarche d’évaluation continue pour éclairer les choix stratégiques adoptés par les partenaires.
L’observatoire régional permettra de disposer, en région, d’un système d’information fiable et pérenne collectant et produisant des données sur l’enseignement supérieur, la recherche et l’innovation, mais également des données permettant de contextualiser les dynamiques territoriales. Le plan d’actions de la Région Nouvelle-Aquitaine pour la mise en œuvre de ce schéma, prendra en compte les éléments issus de ces outils et de ces instances pour répondre au mieux aux objectifs et atteindre les ambitions que fixe le SRESRI.

Comment a été élaboré le SRESRI ?

Au total, ce sont 14 mois qui ont été consacrés à l’élaboration du SRESRI, dont le maître mot est « concertation » :

La Région s’est assurée que le SRESRI prenait bien en compte les orientations stratégiques de l’Etat, des établissements d’enseignement supérieur et de recherche (universités, écoles, organismes de recherche) et les Schémas Locaux d’Enseignement Supérieur et de Recherche.