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  1. Deux nouvelles unités de méthanisation aidées par la Région
Le lisier comme matière première © Région Nouvelle-Aquitaine

Deux nouvelles unités de méthanisation aidées par la Région

La méthanisation est un procédé avantageux pour les agriculteurs et les industries agro-alimentaires  désireux de réduire leurs consommations d’énergie, d'être autonomes en matière énergétique et de diversifier leurs revenus. Consciente de la nécessité d'une transition énergétique, la Région accompagne des actions concrètes, comme la réalisation de deux unités de méthanisation, à Surgères (17) et à Melle (79).

Un soutien régional à la méthanisation

Lors de la commission permanente du 13 mars 2017, la Région a soutenu la réalisation de deux projets d’unités de méthanisation.

La méthanisation est un procédé de digestion qui transforme la matière organique (la biomasse) en fertilisant (le digestat) et en biogaz 100% renouvelable, lui-même valorisé en électricité (revendue sur le réseau) et en chaleur par cogénération, en bio méthane (injecté dans le réseau de distribution de gaz naturel) ou en biocarburant.

Les deux unités de méthanisation de Surgères et de Melle produiront à la fois du digestat et du bio méthane. En voici le détail.

L’unité de méthanisation à Surgères (17) portée par la SAS Aunis Biogaz, aidée par la Région à hauteur de près d’un million d’euros :

Thierry Bouret, président de la SAS Aunis Biogaz et initiateur du projet, nous fait part des débuts de ce projet

« Nous avons été lauréats de l’appel à manifestation d’intérêt de l’ex-Région Poitou-Charentes en 2013 et depuis, nous avons été accompagnés par la collectivité à chaque étape du projet, de l’étude de faisabilité à un soutien technique, en passant par des aides financières et du conseil. Les pouvoirs publics (Région, Communauté de communes Aunis Sud, municipalité de Surgères et ADEME), tous favorables au projet, ont toujours été à nos côtés, ainsi que notre bureau d’étude. Et c’est rassurant car ce projet est complexe d’un point de vue technique et financier et requiert motivation et persévérance ! Après 12 mois de construction, nous pourrons envisager une production de gaz en 2019. »

Lors de la commission permanente du 13 mars 2017, la Région a en effet voté un budget de 992 159 € sur un montant total de 8 596 163 €.

Les caractéristiques techniques de cette unité de méthanisation :
Le digestat :

  • près de 40 000 tonnes par an de biomasse seront traitées (fumiers, lisiers, intercultures et issues de céréales)
  • en provenance de 21 exploitations agricoles, 3 industries agro-alimentaires locales et 2 coopératives agricoles dans un rayon maximum de 15 km
  • plus de 36 000 tonnes de digestat seront issues de la méthanisation pour amender et fertiliser les parcelles agricoles en substitution des engrais minéraux dans le cadre d’un plan d’épandage réglementé (3296 ha)
  • un apport de 55 tonnes d’azote supplémentaires provenant de biomasses « externes » (déchets organiques des IAA, tontes de pelouses des collectivités, paille et cultures intermédiaires) permettra de substituer l’équivalent de 124 tonnes d’engrais minéraux ammo-nitrate

Et Thierry Bouret de préciser : « Nous sommes satisfaits du partenariat que nous avons construit avec le syndicat mixte Cyclad qui assure le traitement des déchets ménagers sur tout le nord-est de la Charente-Maritime. Cela va lui permettre de valoriser les déchets de tonte des pelouses et pour nous, c’est un important fournisseur de matière première. »

Le bio méthane :

  • valorisation de 1 803 300 Nm3 par an de biométhane renouvelable, soit une énergie de 17 387 MWh PCI injectés, c'est-à-dire l’équivalent du chauffage de 2 484 maisons
  • le gaz renouvelable sera vendu à un énergéticien dans le cadre d'un contrat de vente garantie sur 15 ans
  • le bio méthane injecté représentera 25% de la consommation en gaz de la zone de Surgères (50% en période estivale) desservie par le réseau GRDF (12 gros consommateurs dont la laiterie, et bien sûr les habitants, essentiellement pour le chauffage).

Cette nouvelle unité de méthanisation va permettre d'économiser 5 709 tonnes équivalent C02 par an par substitution du gaz fossile (soit l'équivalent des émissions évitées de 2 730 véhicules parcourant 15 000 km/an). Le projet permettra également la création de 4 emplois directs à temps plein.

L’unité de méthanisation à Melle (79), portée par la SAS Meth’Innov, aidée par la Région à hauteur de 985 000 € :

Le président de la SAS Meth’Innov, Jacques Maroteix, nous explique la genèse du projet et le rôle de la Région :

« Dès 2012, la Région et l’ADEME nous ont accompagnés dans le financement de l’étude du gisement. Cette étude s’est avérée très positive, car sur cette zone, autour de Melle, il y a de nombreux éleveurs. En conséquence, nous avons décidé début 2013 de mener à bien ce projet de centrale de méthanisation. Par la suite, la Région a joué un rôle de facilitateur à différents niveaux : appui technique, mise en relation avec différents intervenants et partenaires, aide à la réalisation de l’appel d’offres pour le choix du constructeur… Nous avons sollicité une subvention de la Région Nouvelle Aquitaine en décembre 2016, et elle nous a été notifiée en mars 2017.
Il faut ajouter qu’avec la mise en place d’un club « Biogaz » sur le territoire de l’ex-Poitou-Charentes en 2015, la Région a permis aux porteurs de projet de se rencontrer deux fois par an pour échanger des informations utiles à la mise en place d’un projet complexe nécessitant beaucoup de temps et de compétences diverses. »

Lors de la commission permanente du 13 mars 2017, la Région a en effet voté une aide de 985 066 € sur un budget total de 7 178 693 €.

Les caractéristiques techniques de cette unité de méthanisation :
Le digestat :

  • 37 000 tonnes par an de biomasse (fumiers et lisiers, issues-poussières de céréales) seront traitées
  • en provenance de 21 exploitations agricoles et de la coopérative CEA (pour les issues) dans un rayon maximum de 15 km
  • 34 000 tonnes par an de digestat seront issues de la méthanisation pour amender et fertiliser les parcelles agricoles en substitution des engrais minéraux dans le cadre d’un plan d’épandage règlementé

Le bio méthane :

  • valorisation de 1 609 888 Nm3 par an de bio méthane renouvelable, soit une énergie de 15 522 MWh PCI injectés, c’est-à-dire l’équivalent du chauffage de 2 217 maisons
  • le gaz renouvelable sera vendu à un énergéticien dans le cadre d'un contrat de vente garantie sur 15 ans
  • le bio méthane sera consommé par les 2 industriels voisins de « l’éco pôle » et par la population de Melle.

Cette unité de méthanisation permettra d'économiser 4 209 tonnes équivalent C02 par an (soit l'équivalent des émissions évitées de 2 014 véhicules parcourant 15 000 km/an). Le projet induira également la création de 4 emplois directs à temps plein.

L’information du public

« Afin d’informer et rassurer les riverains sur l’installation de l’unité de méthanisation, nous avons organisé des réunions d’information avec la Communauté de Communes de Melle dès 2013. Aujourd’hui, nous maintenons des petites réunions d’échange avec la CC de Melle de manière régulière » ajoute Jacques Maroteix.

Pour ces deux projets d’unités de méthanisation, la Région a joué un véritable rôle d’accompagnateur technique et financier auprès des maîtres d'ouvrage.

Retrouvez également un autre projet d‘unité de méthanisation, né d’un groupement d’agriculteurs soucieux de valoriser les effluents d’élevages de leurs exploitations, Gazteam Energie, soutenu par la Région et son fond d’investissement Terra Energies.

Ces projets, parmi la trentaine en gestation que compte la Nouvelle-Aquitaine, contribueront concrètement à l'objectif national de substitution de 10% du gaz naturel consommé actuellement, à l'horizon 2030.

La méthanisation, comment ça marche ?

La méthanisation permet de valoriser les déchets d'une exploitation agricole, d'obtenir un biogaz 100% renouvelable et de revendre de l'électricité « verte » et de la chaleur « verte » qui en résultent (usage domestique, agricole et/ou industriel) ou bien d'injecter du bio méthane dans le réseau de gaz naturel. C'est un procédé avantageux pour les agriculteurs désireux de réduire leurs consommations d’énergie, d'être autonomes en matière énergétique et de diversifier leurs revenus.

Pour en savoir plus sur la méthanisation, cliquez ici