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  1. Donner envie d’avoir envie
Réseau des possibles 23 © Région Nouvelle-Aquitaine

Donner envie d’avoir envie

A Saint-Vaury en Creuse, le réseau des possibles 23, une structure proche des micro-lycées, offre une seconde chance aux « décrochés » du système scolaire.

Le réseau des possibles

Le réseau des possibles a ouvert ses portes en septembre dernier, adossé au  lycée professionnel Gaston Roussillat, à quelques kilomètres de Guéret. Seize élèves évoluent dans cette structure unique issue d’un appel à projets innovants de l’académie de Limoges. La Région Nouvelle-Aquitaine soutient également le projet dans le cadre de ses politiques contre le décrochage scolaire. « Nous agissons dans un spectre plus large que le micro-lycée » explique Laurence Chronopoulos, proviseur du lycée et initiatrice du projet. « C’est un mixte de micro-lycée et d’école de la deuxième chance. L’idée de départ est que les jeunes et moins jeunes peuvent donner le meilleur d’eux-mêmes si on leur donne la confiance nécessaire pour le faire. » Le réseau des possibles parie avant tout sur la motivation de ses élèves. « Il faut que nous donnions l’envie de revenir à l’école et l’envie de se projeter vers un avenir avant de se projeter dans un métier. » C’est pourquoi la structure insiste sur le projet. Les jeunes peuvent rejoindre le réseau des possibles pour une durée de 1 jour à 3 ans, quel que soit leur projet. « Je laisse le temps au temps, le temps d’aller vers une qualification ou un diplôme ou ni l’un ni l’autre mais au moins le temps de l’émergence d’un projet. »

La classe compte deux-tiers d’élèves décrochés qui ont souvent quitté l’école dans la douleur mais aussi des élèves allophones hébergés dans les centres des environs. « En les accueillant, on remplit la mission de l’école qui est d’accueillir tous ceux qui veulent apprendre » insiste Laurence Chronopoulos.  « Nous proposons remobilisation, orientation, définition de projet et offrons la possibilité de passer des diplômes au niveau 5 et 4 car les élèves peuvent passer les CAP du lycée professionnel tout comme le brevet des collèges série pro. Tous les bacs dans les établissements de l’académie leur sont également ouverts. »

Vingt-trois structures partenaires

Pour ouvrir le réseau au maximum sur son environnement, la proviseure a établi un partenariat avec 13 structures. La MGEN ouvre aux jeunes un accès à toutes les informations nécessaires aux soins, Canopé à l’équipement informatique. S’ajoutent, les missions locales, Prisme (agence régionale pour l’orientation, la formation professionnelle et l’emploi), les CIO…mais aussi des chefs d’entreprises qui interviennent dans des ateliers et l’association Egée, un réseau d’entreprises qui offre du parrainage de compétence et un réseau. « Lorsqu’on s’appelle le réseau des possibles, il faut mériter son nom. Le partenariat est essentiel au fonctionnement de la structure. » Fruit de ce réseau, le 15 mars prochain, l’Association limousine des challenges organise une journée « J’innove en vrai » à Saint-Vaury. Une façon pour les élèves de se plonger dans le bain de l’entreprise. Pendant une journée, ils seront invités à imaginer des projets innovants pour des entreprises locales.

"Un élève, un projet"

Seize élèves ont déjà rejoint le réseau des possibles 23. Deux sont déjà repartis car ils avaient d’autres projets. Au sein de la classe, l’emploi du temps et le contrat pédagogique sont individualisés. « C’est un élève, un projet, un parcours » rappelle Laurence Chronopoulos. C’est pourquoi on peut voir Adeline arriver tout sourire en classe vers la fin de la matinée. Elle est en immersion en seconde bac pro métiers de la sécurité. Elle a trouvé sa voie annonce-t-elle. L’an prochain, elle essaiera d’intégrer le cursus. De son côté, Hirmiz venu d’un village à côté de Qaraqosh en Irak, est en stage chaque semaine chez la coiffeuse de Saint-Vaury. Lui aussi est ravi. A la rentrée prochaine, il devrait intégrer un CAP coiffure. Robin, venu de Mossoul, lui, ne disait pas grand-chose au début. Mais peu à peu, il prend ses marques. Halima elle, est venue du Maroc. Il y a quelques mois encore, elle ne parlait pas français. Aujourd’hui, elle se présente sans difficulté. Leurs progrès en français à tous sont assez spectaculaires « C’est essentiel si nous voulons réussir » affirme Hirmiz dans un français parfait.

L’expérimentation du réseau des possibles est assurée pour 3 ans. En septembre prochain, une seconde section ouvrira sur le module bac. Mais Laurence Chronopoulos se projette déjà dans l’après. « J’aimerais bien que cette structure se pérennise et s’adresse au 7 à 77 ans, que quiconque ait besoin de revenir sur les bancs de l’école puisse le faire. » La proviseure envisage également de l’inscrire dans le réseau européen de lutte contre le décrochage avec un partenariat Erasmus. Chaque élève pourrait ainsi avoir la possibilité de partir en stage à l’étranger. Une belle ouverture pour le réseau des possibles.

Les micro-lycées en Nouvelle-Aquitaine

La Nouvelle-Aquitaine compte 4 micro-lycées membres du réseau national et le réseau des possibles de Saint-Vaury. Financées par la Région, ces structures de lutte contre le décrochage scolaire proposent des solutions sur-mesure aux 16-25 ans en situation d’échec scolaire. Elles sont réparties sur tout le territoire (lycée professionnel Antoine Lomet à Agen – 47, micro-lycée numérique Victor Louis à Talence – 33, micro-lycée Haut Val de Sèvre de Saint-Maixent-l’Ecole – 79, micro-lycée Utrillo, rattaché au lycée Valadon de Limoges – 87).

La classe du réseau des possibles 23 Agrandir l'image
La classe du réseau des possibles 23 © Région Nouvelle-Aquitaine
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