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  1. Carnet de marche à Bayonne
Les quais de la Nive à Bayonne © Olivier Bleys

Carnet de marche à Bayonne

Découvrez l'irrésistible appel de la Nive, avec Olivier Bleys, notre écrivain-marcheur.

L’esplanade Roland Barthes
L’esplanade Roland Barthes © Olivier Bleys

Depuis la Gironde où je vis, rallier Bayonne c’est tendre une ligne droite vers les Pyrénées ; C’est aussi tracer une parallèle à l’océan. En train, le voyage paraît court. Pourtant, l’air qu’on respire à la descente du wagon a déjà changé : plus chaud, plus épicé - écrirait-on : plus espagnol ?

Dans nombre de villes, la gare aménagée au XIXe siècle occupe le centre. Tel n’est pas le cas à Bayonne, implantée sur la rive gauche de l’Adour alors que la voie ferrée court rive droite.

Bayonne rive droite Agrandir l'image
Bayonne rive droite © Olivier Bleys
Le clocher de la gare émerge des toits Agrandir l'image
Le clocher de la gare émerge des toits © Olivier Bleys

Aussi mes premiers pas sont-ils ici pour franchir un pont, le pont Saint-Esprit, belle arche de pierre piquée tous les dix mètres de drapeaux colorés.

L'Adour Agrandir l'image
L'Adour © Olivier Bleys
Le Pont Saint-Esprit Agrandir l'image
Le Pont Saint-Esprit © Olivier Bleys

Parmi ces pavillons, il en est un qu’un œil étranger pourrait ne pas connaître : c’est celui du pays basque, auquel Bayonne revendique fièrement son appartenance. Créé en 1894, l’étendard basque se compose de deux croix. Il porte trois couleurs, le rouge, le blanc, le vert, dont maintes enseignes ici reprennent l’assortiment.

Un commerce patriote
Un commerce patriote © Olivier Bleys

À Bayonne, l’identité basque s’affiche à chaque coin de rue. Où qu’on pose le regard, des slogans, des affiches, des enseignes témoignent de l’attachement des Basques à leur culture — un attachement parfois féroce, comme en témoignent les affiches dénonçant l’invasion du territoire par les touristes.

Facades des rues de Bayonne Agrandir l'image
Facades des rues de Bayonne © Olivier Bleys
Facades des rues de Bayonne Agrandir l'image
Facades des rues de Bayonne © Olivier Bleys
Affiche dans les rues de Bayonne Agrandir l'image
Affiche dans les rues de Bayonne © Olivier Bleys

Une fois franchi l’Adour, le centre de Bayonne s’ouvre aux promeneurs. Difficile alors de résister à l’appel de la Nive, un affluent du fleuve qui s’y déverse à cet endroit. Cette jolie rivière, sage et lisse, a des allures de canal. Mieux que l’Adour, elle sait refléter les façades anciennes qui la dominent. Le spectacle est féérique — en plein jour, quand flamboient les rouges et les bleus des persiennes, comme au soir, quand la chaux blanche allume les eaux noires.

Les quais de la Nive Agrandir l'image
Les quais de la Nive © Olivier Bleys
Les quais de la Nive Agrandir l'image
Les quais de la Nive © Olivier Bleys
Les quais de la Nive Agrandir l'image
Les quais de la Nive © Olivier Bleys
Les quais de la Nive au coucher du soleil Agrandir l'image
Les quais de la Nive au coucher du soleil © Olivier Bleys
Les quais de la Nive au coucher du soleil Agrandir l'image
Les quais de la Nive au coucher du soleil © Olivier Bleys

Ébloui, je fais plusieurs fois le trajet depuis la confluence des deux cours d’eau, au nord, jusqu’au bastion royal, au sud, un élément des remparts dessinés par Vauban. Depuis peu, la municipalité a converti le bastion en modeste belvédère, qui surplombe la Nive d’une dizaine de mètres.

L’ancien bastion royal Agrandir l'image
L’ancien bastion royal © Olivier Bleys
Belvédère sur Bayonne Agrandir l'image
Belvédère sur Bayonne © Olivier Bleys

Le temps de savourer des filets de truite sauvage pêchée dans un torrent du coin — vingt minutes, sans quitter la Nive du regard —, j’enfile la rue des Cordeliers vers mon premier rendez-vous.

Au menu, truite de rivière et oignons rouges Agrandir l'image
Au menu, truite de rivière et oignons rouges © Olivier Bleys
Rue des cordeliers Agrandir l'image
Rue des cordeliers © Olivier Bleys

Pierre Ibaïalde (un nom d’emprunt qui signifie en basque : « à côté de la rivière ») est artisan du jambon. C’est le dernier, revendique-t-il, à disposer dans l’enceinte de la ville de ses propres saloir et séchoir à jambons — ils étaient encore quatre, quand il a ouvert son commerce en 1990.

En déballant mon matériel de prise de vues, je songe qu’il faudrait interdire cette visite aux végétariens. Plusieurs dizaines de jambons, à différents stades de maturité, pendent du plafond ou des râteliers crochus dressés contre les murs. L’effectif monte à des centaines de cuisses de porcs, dans les pièces d’entreposage, à l’étage.

C’est un véritable royaume charcutier dont l’artisan m’ouvre ainsi les portes.

Pierre Ibaïalde use de méthodes d’affinage traditionnelles, et connaît sur le bout des doigts ses fournisseurs de viandes, d’épices ou de sel. Son métier n’en a pas moins connu, ces dernières années, d’importantes évolutions.

Sur le seuil de son établissement, l’artisan me confie une autre adresse, à quelques rues de là. Ce sont deux jeunes chocolatiers, installés voici moins d’un an, qui font paraît-il du très bon travail. Je n’avais pas prévu de les rencontrer, mais pourquoi pas ? Un petit carré noir, avec le café, conclurait joliment ce menu basque. Et puis, les deux spécialités de Bayonne ne sont-elles pas, précisément, le jambon et le chocolat ?

En chemin vers l’atelier-boutique Monsieur Txokola, je m’arrête au pied de l’église Saint-André. Depuis qu’on l’a allégée de ses deux flèches pour la stabiliser sur le sol marécageux, l’église semble la copie en réduction de Notre-Dame-de-Paris.

L’église Saint-André de Bayonne Agrandir l'image
L’église Saint-André de Bayonne © Olivier Bleys
L’église Saint-André de Bayonne Agrandir l'image
L’église Saint-André de Bayonne © Olivier Bleys
L’église Saint-André de Bayonne Agrandir l'image
L’église Saint-André de Bayonne © Olivier Bleys
L’église Saint-André de Bayonne Agrandir l'image
L’église Saint-André de Bayonne © Olivier Bleys

Dans le même quartier s’élève le château-neuf, ensemble militaire du XVe siècle qui accueille aujourd’hui des bureaux et une annexe de l’université. Sa rénovation audacieuse s’est traduite par la construction d’une immense résille de béton couvrant la bibliothèque.

L’entrée du Château-neuf Agrandir l'image
L’entrée du Château-neuf © Olivier Bleys
Sous cette résille de béton, la bibliothèque universitaire Agrandir l'image
Sous cette résille de béton, la bibliothèque universitaire © Olivier Bleys
Ici, on enseigne la langue basque Agrandir l'image
Ici, on enseigne la langue basque © Olivier Bleys

Le principal attrait du site est son point de vue élevé sur Bayonne — cette ville sans relief n’en offre pas beaucoup. Je reste un moment à jouir du spectacle, malgré la distraction bruyante d’un chantier en contrebas. Dans quelques jours se tiendra ici la manifestation Alternatiba, dédiée à la révolution écologique, et l’on monte en hâte un podium géant.

Prendre un peu de hauteur...
Prendre un peu de hauteur... © Olivier Bleys

Me voici enfin chez Monsieur Txokola.

Le concept de cette chocolaterie est aussi simple qu’innovant — et jamais vu à Bayonne : un commerce où la clientèle peut assister, derrière de grandes vitres, à la confection en direct des spécialités cacaotées. Il n’y a qu’un pas de l’atelier à la boutique et ce sont, j’imagine, des tablettes encore tièdes que le chocolatier Ronan Lagadec dispose, chaque semaine, sur les étagères en bois blanc.

Les ingrédients sont triés avec soin, et maniés avec talent. Pour le reste, ce sont des machines flambant neuves qui broient, triturent, mélangent, refroidissent ou réchauffent la matière gourmande. Je découvre qu’il en existe une, vibrante, pour répartir le chocolat fondu sur les moules à tablettes ! Mon micro tout-terrain ne craint pas d’avaler les bruits des appareils.

« Pour la route ! », sourit le chocolatier en me tendant sa spatule garnie de pâte à tartiner. J’en recueille au bout de mon doigt et savoure, les yeux fermés.

J’ai repéré non loin de là le trinquet Saint-André, le plus vieux de France. Par « trinquet », on désigne une salle quadrangulaire où se pratiquent la pelote basque et les sports associés. Niché au cœur du vieux Bayonne, le trinquet occupe les murs d’un ancien jeu de paume. On y accède par une porte basse donnant sur la rue, suivi d’un escalier branlant d’échafaudage.

Je comptais assister à une partie de pelote à main nue comme il s’en tient ici « tous les jeudis à 16 heures » — promet une brochure touristique. Hélas, si je suis ponctuel au rendez-vous, les joueurs, eux, n’apparaissent pas... Tant pis, ce temple de l’âme basque valait bien le coup d’œil.

Le trinquet Saint-André Agrandir l'image
Le trinquet Saint-André © Olivier Bleys
La buvette du trinquet Agrandir l'image
La buvette du trinquet © Olivier Bleys
Le trinquet Saint-André Agrandir l'image
Le trinquet Saint-André © Olivier Bleys
La salle est aux couleurs du pays Agrandir l'image
La salle est aux couleurs du pays © Olivier Bleys

Nous sommes au pic de la journée, et il fait chaud. Heureusement, les rues de Bayonne, plutôt étroites, et les bâtiments plutôt élevés prodiguent une ombre généreuse.

Rues de Bayonne Agrandir l'image
Rues de Bayonne © Olivier Bleys
Rues de Bayonne Agrandir l'image
Rues de Bayonne © Olivier Bleus
La rue Pannecau Agrandir l'image
La rue Pannecau © Olivier Bleys
Un grand pique-nique solidaire, rue des Cordeliers Agrandir l'image
Un grand pique-nique solidaire, rue des Cordeliers © Olivier Bleys
Façades de Bayonne Agrandir l'image
Façades de Bayonne © Olivier Bleys

Tous les marcheurs le savent, on trouve de l’eau dans les cimetières. Les églises sont aussi très utiles, même aux non-croyants, pour la fraîcheur qui y règne. La cathédrale Sainte-Marie se trouve au bout de la rue du Pilori dont le nom, intimidant, rappelle les supplices d’autrefois.

La rue du Pilori Agrandir l'image
La rue du Pilori © Olivier Bleys
Vers la place Pasteur Agrandir l'image
Vers la place Pasteur © Olivier Bleys

Entré sous les voûtes gothiques, je me mêle à un groupe de touristes qui explore le cloître attenant. Une partie du dallage et des parois est constituée de pierres tombales aux inscriptions fondues par les siècles.

La cathédrale Sainte-Marie Agrandir l'image
La cathédrale Sainte-Marie © Olivier Bleys
Le cloître de la cathédrale Agrandir l'image
Le cloître de la cathédrale © Olivier Bleys
Vue de la cathédrale depuis le cloître Agrandir l'image
Vue de la cathédrale depuis le cloître © Olivier Bleys
Le cloître de la cathédrale Agrandir l'image
Le cloître de la cathédrale © Olivier Bleys

La cathédrale Sainte-Marie a une particularité : elle est traversante. Entré d’un côté, on peut sortir de l’autre. J’ai franchi le seuil place Pasteur et ressors rue des Gouverneurs, sur le parvis de l’édifice.

Parvis couvert de la cathédrale Agrandir l'image
Parvis couvert de la cathédrale © Olivier Bleys
Parvis couvert de la cathédrale Agrandir l'image
Parvis couvert de la cathédrale © Olivier Bleys

Le temps de ma courte visite, la lumière a changé. C’est enveloppé de poudre d’or que j’atteins les remparts, ceinture de la vieille ville. Ici, s’entassent plusieurs quartiers, plusieurs bâtisses et plusieurs âges de Bayonne. La cathédrale, dont percent encore les flèches dans le ciel bleu, voisine sur la photo avec le château-vieux, bâtiment militaire toujours en service, et l’un des boulevards les plus passants de la ville.

Plusieurs âges de Bayonne Agrandir l'image
Plusieurs âges de Bayonne © Olivier Bleys
Le boulevard du rempart Lachepaillet Agrandir l'image
Le boulevard du rempart Lachepaillet © Olivier Bleys
Le château-Vieux, en plein travaux Agrandir l'image
Le château-Vieux, en plein travaux © Olivier Bleys

Au pied de ces mêmes remparts, une surprise : de vastes pelouses, des palmiers disputant le ciel à de vieux marronniers, et un jardin botanique de poche où j’attends, assis sur un banc, que le gardien m’annonce la fermeture.

Depuis le chemin de ronde Agrandir l'image
Depuis le chemin de ronde © Olivier Bleys
Au bas des remparts Agrandir l'image
Au bas des remparts © Olivier Bleys
Les remparts Agrandir l'image
Les remparts © Olivier Bleys
Le jardin botanique Agrandir l'image
Le jardin botanique © Olivier Bleys
Le jardin botanique Agrandir l'image
Le jardin botanique © Olivier Bleys

L’heure de mon train approche. Trop tard pour le musée basque ou la citadelle ! Mes derniers pas et mes derniers regards seront pour les arènes, à l’ouest de la ville.

Dans Bayonne sont semés un peu partout des indices de la passion locale pour l’animal à cornes.

Une des nombreuses bodegas (petits bistrots) de la ville Agrandir l'image
Une des nombreuses bodegas (petits bistrots) de la ville © Olivier Bleys
Siège coloré du Cercle Taurin Bayonnais Agrandir l'image
Siège coloré du Cercle Taurin Bayonnais © Olivier Bleys

C’est comme un chemin à suivre, rue après rue, façade après façade et qui aboutit là… devant cette puissante enceinte de béton que j’imagine, les jours de corrida, trembler sous les clameurs des aficionados.

Les arènes de Bayonne Agrandir l'image
Les arènes de Bayonne © Olivier Bleys
Les arènes de Bayonne Agrandir l'image
Les arènes de Bayonne © Olivier Bleys

 

Sur la façade du Didam, le musée d’art contemporain, une autre bête défie les passants ; une créature marine, avec son gros anneau auquel s’amarraient autrefois les gabarres. Mais le musée est fermé, le soleil sous l’horizon, mon train déjà à quai... C’est l’heure de saluer Bayonne.

Sur la façade du musée d’art
Sur la façade du musée d’art © Olivier Bleys
Boite aux lettres
Boite aux lettres © Olivier Bleys
Commerce
Commerce © Olivier Bleys
Façade
Façade © Olivier Bleys
Détail façade
Détail façade © Olivier Bleys
Puzzle visuel
Puzzle visuel © Olivier Bleys
Le DIDAM, espace d’art contemporain
Le DIDAM, espace d’art contemporain © Olivier Bleys
Les muses de l’opéra
Les muses de l’opéra © Olivier Bleys
Façades de Bayonne
Façades de Bayonne © Olivier Bleys
Le quartier de la gare
Le quartier de la gare © Olivier Bleys
Le quartier de la gare
Le quartier de la gare © Olivier Bleys
Fromages
Fromages © Olivier Bleys
Les halles de Bayonne
Les halles de Bayonne © Olivier Bleys
Le musée basque
Le musée basque © Olivier Bleys
Un intrigant musée du jambon
Un intrigant musée du jambon © Olivier Bleys
Les souriantes navettes bayonnaises
Les souriantes navettes bayonnaises © Olivier Bleys
Aux galeries Lafayette, un plafond Art déco
Aux galeries Lafayette, un plafond Art déco © Olivier Bleys
La poterne, percée dans les remparts
La poterne, percée dans les remparts © Olivier Bleys
Du haut des remparts
Du haut des remparts © Olivier Bleys
La ruelle des Basques, incroyablement étroite
La ruelle des Basques, incroyablement étroite © Olivier Bleys
Dans l’ombre de l’église Saint-André
Dans l’ombre de l’église Saint-André © Olivier Bleys