Aller au contenu principal
  1. Un accélérateur pour la viticulture
Vigne © Berthillier Guillaume

Un accélérateur pour la viticulture

La Région fait partie des 24 lauréats* de l'appel à manifestation d'intérêt national « Territoires d'Innovation - Grande Ambition » (TIGA), avec une candidature au service d'une viticulture durable. Les acteurs de la filière se mobilisent pour remporter une dotation et co-construire le futur.

Pilier de l'agriculture régionale, dont elle représente 30 % de l'activité, la viticulture est soumise à des enjeux de société et de développement durable : réduction des pesticides, évolutions technologiques, attractivité de la profession… L'appel à manifestation d'intérêt TIGA est une des actions du Programme d'Investissements d'Avenir porté par l'État. Il prévoit une dotation de 450 millions d’euros sur dix ans, qui sera répartie entre 10 lauréats définitifs, soit 4,5 millions d’euros par an. Pour la viticulture en Nouvelle-Aquitaine, réussir cette candidature serait un véritable levier dans la continuité d'actions déjà entreprises.

Anticiper les évolutions et les accompagner

En 2016, l'État, la Région, la Chambre d'Agriculture de la Gironde et le CIVB (Comité Interprofessionnel des Vins de Bordeaux) ont signé une première convention sur la réduction des pesticides. « Le rôle de la Région est d'anticiper ces évolutions et de les accompagner », souligne son président Alain Rousset, dans cette tradition de co-construction chère à la Nouvelle-Aquitaine. « L'un des premiers succès de la candidature TIGA est de mobiliser autant de partenaires », se réjouit Lydia Héraud, conseillère régionale qui porte le projet. Une équipe pluridisciplinaire réunit ainsi les pouvoirs publics, les interprofessions viticoles, les Chambres d'Agriculture, la recherche : l’ISVV (Institut des Sciences de la Vigne et du Vin), Bordeaux Sciences Agro, l’INRA, l’Institut Français de la Vigne et du Vin… Sans oublier les citoyens qui seront associés à cette démarche. La dynamique engagée a un effet d'« accélérateur », commente Bernard Artigue, vigneron et président de la Chambre d'Agriculture de la Gironde, rappelant que « la réduction des traitements chimiques est aussi une attente des viticulteurs ».

Des Laboratoires d'Innovation Territoriale

Entre les aléas du climat et les impératifs économiques, l'innovation dans le vin n'est pas toujours simple ! La Nouvelle-Aquitaine comprend de grands châteaux, mais aussi une majorité de petites exploitations plus fragiles. Pour mener à bien ce projet TIGA en 2018, plusieurs chantiers ont été identifiés : la mutualisation et le déploiement des bonnes pratiques, l'apport des données informatiques pour aider cette transition environnementale, le recours aux nouvelles technologies et l'accompagnement de start-up, la mise en place d'outils de financement novateurs et sécurisés… Ces chantiers seront traités dans 12 Laboratoires d'Innovation Territoriale, auto-constitués et correspondants au maillage des appellations régionales : du Cognac charentais à l'Irouleguy basque, en passant par le Bergeracois, le Bordelais… Du côté de la recherche, cette candidature permettra de « s'assurer que les résultats obtenus soient transposables dans les différents vignobles, note Alain Blanchard, directeur de l'ISVV, et pour les chercheurs d'expérimenter des modes de travail plus partagés. »
Les 24 territoires présélectionnés ont rendez-vous au mois de juin prochain pour l’appel à projets définitif. Il ne restera ensuite que 10 lauréats, avec une restitution fin 2018-début 2019.

*Sur 117 candidatures au départ