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  1. Énergies marines renouvelables : un gisement pour nos côtes

Énergies marines renouvelables : un gisement pour nos côtes

Nouvel accès à l’énergie renouvelable, le développement des technologies marines représente un énorme potentiel pour la grande Région et son immense façade côtière. Alain Rousset est venu à la rencontre des professionnels du secteur à Biarritz le 1er juin 2016, pour inaugurer le colloque Seanergy.

Sommaire
  1. Des ressources illimitées
  2. Un vaste potentiel économique
  3. 3 questions à Thierry Lausseur, directeur de Cérénis

L’avenir est aux énergies bleues. Mercredi 1er juin, Alain Rousset n’a pas manqué de le rappeler, en visitant le stand de la Région, véritable vitrine technologique des savoir-faire présents sur notre territoire, lors de la convention internationale Seanergy. Rendez-vous incontournable, l’événement rassemble 3000 professionnels des énergies marines renouvelables (EMR) pour deux journées de rencontres et de débats.
L’occasion de souligner l’engagement de la Région sur ce créneau. « L’océan et le potentiel marin sont un fabuleux gisement à notre disposition », pointe le Président, qui poursuit : « Nous avons la volonté de faire de la croissance bleue une épine dorsale des filières innovantes », et promet la mise en place d’un cluster avant l’été.

Des ressources illimitées

La mer et les estuaires sont riches en flux, qui peuvent être exploités sous diverses formes. Il existe trois principaux gisements :

  • l’éolien off shore,
  • l’hydrolien fluvial qui exploite les courants,
  • et le houlomoteur pour capter l’énergie des vagues.

Ces technologies sont en cours de développement sur le territoire. Elles s’inscrivent dans le cadre de la transition énergétique et de la lutte contre le réchauffement climatique, grâce à l’exploitation de ressources durables. Plusieurs sites d’essai sont testés en conditions réelles. Un projet au large d’Oléron pourrait concerner 60 à 80 éoliennes. Un site d’expérimentation d’hydroliennes à Bordeaux ouvre la voie à un futur déploiement commercial. Quant au potentiel énergétique houlomoteur, il est estimé à plus de 4600 MW (autant que 200 barrages hydrauliques) et les premières études sont en cours autour du port de Bayonne pour qualifier des zones potentielles de développement.

Un vaste potentiel économique

La structuration de cette filière d’avenir est en cours et fait figure de moteur de développement économique. Toutes les projections pointent une accélération très forte et le décollage imminent du secteur. D’où les enjeux en terme de développement industriel et d’emploi.
Aujourd’hui, ces technologies émergentes sont au stade d’expérimentation, et demeurent encore chères. C’est donc de leur capacité à faire baisser les coûts que dépendra leur compétitivité. Les professionnels ambitionnent de les diviser par deux en dix ans. Une perspective prometteuse, vers une énergie propre et économique.

Chiffres clés
  • 720 km de littoral
  • 1700 MW de gisement de production estimé, l’équivalent de deux réacteurs nucléaires
  • Une centaine d’entreprises interviennent sur ce marché dans la grande région.

 

3 questions à Thierry Lausseur, directeur de Cérénis

T. Lausseur Cérénis @DR.
Portrait T. Lausseur © DR

« Transformons le courant des estuaires en avantage »

Pouvez-vous nous présenter votre entreprise ?

Cérénis est implanté à Bordeaux depuis 2007, et nous sommes spécialisés en ingénierie nautique et fluviale. Nous proposons des solutions d’installations fixes ou flottantes adaptées au contexte, en particulier pour la filière de l’hydrolien fluvial. Nous sommes notamment maître d’œuvre pour la partie nautique du projet SEENEOH, un site d’essai pour hydroliennes installé au cœur de Bordeaux.

Les projets de fermes pilotes hydrolienne en sont encore au stade de validation, quelle est la prochaine étape ?

L’idée est simple : ce courant qui nous pose un problème pour faire des ouvrages, transformons le en avantage potentiel. Technologiquement, toutes les entreprises sont prêtes, la chaîne de fabrication est là. Maintenant il faut trouver ensemble des solutions innovantes et économiquement réalistes pour réduire les coûts.

Les installations sont donc amenées à se multiplier ?

La configuration de l’estuaire bordelais représente un immense gisement inutilisé. Un projet de ferme pilote avec 6 hydroliennes est en train de prendre corps à Bourg. D’une puissance de 250 kW, elle permettrait d’alimenter l’équivalent d’un lotissement d’une cinquantaine de maisons, avec une énergie propre, qui ne dénature pas l’environnement et qui est produite localement. Cette mise en situation nous permettra de vérifier comment les machines interagissent entre elles, et qu’elles n’ont pas d’impact sur la faune. A partir de là, la filière pourra se mettre en place.