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  1. La Région à la pointe de la transition énergétique

La Région à la pointe de la transition énergétique

Chef de file de la Transition Energétique, la Région a, depuis l’adoption de la Loi pour la Transition Energétique et la Croissance Verte, des responsabilités accrues. Pour répondre aux objectifs de la COP21, la Région s’engage à mettre en œuvre tous les leviers d’actions en lien avec ses compétences.

Sommaire
  1. Des atouts multiples
  2. Réduire notre empreinte énergétique
  3. Mobiliser les énergies renouvelables

Le Conseil permanent de la Transition énergétique et du Climat, nouvellement créé, devra coordonner l’action des services du Conseil régional en matière de lutte contre le changement climatique et également mobiliser les partenaires extérieurs, en s’appuyant sur une démarche Négawatt. Celle-ci vise à une réduction des consommations, l’amélioration de l’efficacité énergétique et la substitution par des énergies renouvelables.

Des atouts multiples

© Alban Gilbert

Engagés de longue date pour le développement durable, les territoires de la Région Nouvelle-Aquitaine disposent d’atouts qui tiennent à la géographie, à l’Histoire et à la richesse de l’écosystème socio-économique :

  • Un fort potentiel pour le développement des énergies renouvelables : bois, ensoleillement, géothermie, façade atlantique (720 km de côtes)
  • Un réseau de villes moyennes et petites très proches et complémentaires du milieu rural, terrain favorable pour des approches intégrées de type TEPOS (Territoires à Energie Positive) ou économie circulaire, action clé pour la diminution de la consommation d’énergie et le développement des énergies renouvelables
  • Une région sensible aux impacts des changements climatiques et qui nécessite des politiques d’adaptation
  • Une agriculture et une industrie agro-alimentaire très développées, gisement de biomasse pour la méthanisation

Réduire notre empreinte énergétique

© Ademe - Roland Bourguet

La loi n° 2015-992 du 17 août 2015 relative à la Transition Énergétique pour la Croissance Verte a fixé de nouveaux objectifs en termes de production d’énergies renouvelables. Porter la part des énergies renouvelables à 23 % de la consommation finale brute d’énergie en 2020 et à 32 % de cette consommation en 2030 ; à cette date, pour parvenir à cet objectif, les énergies renouvelables doivent représenter 40 % de la production d’électricité, 38 % de la consommation finale de chaleur, 15 % de la consommation finale de carburant et 10 % de la consommation de gaz. La part du nucléaire dans la production d’électricité doit être réduite à 50 % à l’horizon 2025.

© Alban Gilbert

Soutenir la construction durable

Le secteur du bâtiment est le plus émetteur de gaz à effet avec 35% des émissions dans la nouvelle Aquitaine. Depuis 2005, une révolution énergétique s’est produite puisque la performance énergétique exigée dans la réglementation thermique est passée de 150 à 50 kWh/m²/an pour des logements neufs. Ce saut de performance énergétique fut possible grâce à l’émergence de nouveaux modes constructifs, à l’amélioration des rendements des systèmes énergétiques, ainsi qu’à un changement radical de l’acte de construire par les professionnels. En 2020, les bâtiments devront être à énergie positive, c’est-à-dire produire plus d’énergie qu’ils n’en consomment.

Cet objectif pourra être atteint uniquement si les consommations d’énergie sont parfaitement maîtrisées dans le bâtiment grâce à des systèmes de réseau électrique intelligent, et une interaction parfaitement coordonnée avec les occupants des bâtiments. Ainsi, les bâtiments de 2020 seront dotés d’outils interactifs permettant à l’occupant de maîtriser son confort en optimisant ses consommations d’énergie. Les professionnels aquitains préparent 2020 grâce au soutien de la Région à la réalisation de projets exemplaires. Pour faciliter la diffusion des bonnes pratiques, ces projets sont recensés sur l’Observatoire BBC en Nouvelle-Aquitaine animé par le cluster CREAHd.

De nouveaux enjeux environnementaux devront également être intégrés dans les projets tels que l’approche en analyse du cycle de vie (ACV) des bâtiments, la quantification de l’énergie grise nécessaire à la construction et à l’exploitation du bâtiment, ainsi que la qualité de l’air intérieur, la gestion de l’eau, etc.

La Région, consciente de l’importance de la contribution des bâtiments dans les consommations d’énergie et l’émission de gaz à effet de serre, accompagne également les propriétaires de logements dans leurs projets de rénovation énergétique.

Artéé, l'agence régionale

La Région souhaite accélérer la rénovation énergétique des logements sur l’ensemble de son territoire.

Dans ce cadre, Artéé, l'agence régionale pour les travaux d'économie d'énergie, accompagne de A à Z les particuliers souhaitant bénéficier de conseils pour rénover leur habitation et réduire leurs factures énergétiques. Elle propose un accompagnement technique, administratif et financier aux habitants sur tout le territoire de la Nouvelle-Aquitaine.

Plus d’informations sur www.artee.fr et au 05 49 43 87 20.

 

L’efficacité énergétique des bâtiments : « Bâtiments du futur »

La Région souhaite accompagner les projets exemplaires en matière d’efficacité énergétique des bâtiments – premier poste de consommation d’énergie. Pour cela, l’appel à projets « Bâtiments du futur » concerne la construction ou la rénovation de bâtiments tertiaires publics ou privés. Son objectif : faire émerger des opérations à caractère démonstrateur et innovant, reproductibles du point de vue des choix énergétiques, mais également s’inscrivant dans le cadre d’une approche globale d’excellence environnementale.

 

Les installations pédagogiques pilotes du lycée de Chardeuil à Coulaures permettent aux lycéens qui préparent le bac professionnel TISEC, technicien en installation des systèmes énergétiques et climatiques de bénéficier de moyens techniques proches de ceux d'une entreprise.
© Alban Gilbert

Vers une meilleure performance énergétique des entreprises

Avec 27 TWh consommés par an, le secteur de l’industrie représente 1/3 de la consommation finale d’énergie en Aquitaine. S’inscrivant dans le cadre des 34 plans industriels et le développement de l’Usine du Futur, le Conseil régional a pris l’initiative d’accompagner les projets d’amélioration de la compétitivité énergétique des entreprises de production en Aquitaine. L’objectif à 2020 est d’améliorer l’efficacité énergétique de 20% dans les entreprises en agissant principalement sur les procédées industriels.

La facture énergétique reste en constante augmentation pour les industriels (+27% entre 2005 et 2012) : ainsi, l’efficacité énergétique est devenue un enjeu stratégique et un levier compétitif indéniable pour les entreprises.

La Région incite les entreprises à orienter leur investissement de maîtrise de l’énergie sur les postes les plus consommateurs. Ainsi, les investissements permettant un gain énergétique d’au moins 10% de la consommation totale du site industriel pourront être accompagnés en fonction des temps de retour constatés.

Trois appels à projets en 2016-2017

La compétitivité énergétique des entreprises

Afin de favoriser la transition énergétique des acteurs économiques, l’objectif de la Région à 2020 est d’améliorer l’efficacité énergétique de 20% dans les entreprises, en agissant principalement sur les procédés industriels. La question de l’énergie est un facteur-clé de compétitivité pour les entreprises.

L’appel à projet « Compétitivité énergétique » est destiné aux entreprises, toutes filières, avec une activité principale de production. La Région accompagne les investissements de ces entreprises afin de réduire de 10% leurs consommations d’énergie, par l’amélioration des procédés industriels, l’optimisation de l’utilisation de l’énergie, la récupération et la valorisation thermique, et la mise en place de systèmes de gestion, régulation et suivi.


Le photovoltaïque en autoconsommation dans les entreprises

Cet appel à projet est destiné à toutes les entreprises, quels que soient leur statut juridique et activité. Il vise à les accompagner pour l’utilisation de systèmes solaires photovoltaïques connectés au réseau et économiquement rentables, dont la production électrique est destinée à être essentiellement autoconsommée sur site.

 

© DR

Les TEPOS, une démarche des territoires pour contribuer à la transition énergétique

Les TEPOS sont des Territoires à Energie POSitive qui ont l'objectif de réduire leurs besoins d’énergie au maximum, par la sobriété et l'efficacité énergétiques, et de les couvrir par les énergies renouvelables locales pour atteindre le « 100% renouvelable et plus ». L’accomplissement de la transition énergétique représente la fin première – le rôle constitutif- du territoire à énergie positive : elle répond aux enjeux fondamentaux du changement climatique, de l’épuisement des ressources fossiles et de la réduction des risques industriels majeurs à l’échelle du territoire. Fort de ses 12 TEPOS, la Région va poursuivre leur accompagnement et leur mise en réseau :

  • la Communauté de communes de Haute Saintonge
  • la Communauté de communes de l’île d’Oléron
  • la Communauté de communes du Thouarsais
  • la commune de Buxerolles
  • le Syndicat Inter-territorial du Pays Haut Entre-deux-Mers (SIPHEM) regroupant 4 communautés de communes (Réolais, Canton de Targon, Sauveterrois, Coteaux Macariens)
  • la Communauté de communes de l’Estuaire
  • la Communauté de communes de Bourg-en-Gironde
  • la Communauté de communes de Mimizan
  • la Communauté de communes de la Haute-Lande
  • la Communauté de communes des Landes d’Armagnac
  • la Communauté de communes de Garazi-Baïgorri

Sur une durée de 3 ans, les territoires s’engagent auprès de la Région et de l’ADEME à atteindre des objectifs opérationnels : puissances d’énergies renouvelables installées, nombre de logements rénovés, nombre de kilowattheures économisés, réalisations d’infrastructures contribuant au scénario TEPOS… La subvention accordée par la Région est conditionnée à l’atteinte de ces objectifs.

Mobiliser les énergies renouvelables

Alain Rousset et Françoise Coutant, entourés des partenaires du Fonds d'investissement régional Terra Energies à l'Hôtel de région le 11 avril 2016. © DR

Terra Energie, un fonds d’investissement pour les énergies renouvelables

Méthanisation, éolien, biomasse, photovoltaïque, hydroélectricité, géothermie, énergies marines, stockage d’énergies… Autant de domaines dans lesquels Terra Energies pourra investir afin d’aider à la constitution de tours de tables et, ainsi, à la réalisation de projets dans le domaine des énergies renouvelables, sur tout le territoire de la région. Un effet de levier indispensable pour de nombreux projets qui peuvent parfois rencontrer des difficultés à se financer. Ce fonds se veut complémentaire des modes d’intervention et dispositifs déjà existants de la Région. Il répond également à la volonté du Conseil régional d’agir en faveur de la transition énergétique et d’atteindre 32 % d’énergies renouvelables dans la consommation finale d’énergie du territoire.

Une caractéristique fondamentale de ce fonds régional sera de permettre aux territoires et aux citoyens de s’engager dans ces projets par le biais de financements participatifs. Une façon d’encourager la portée et l’ancrage territorial de ces projets et de favoriser leur acceptabilité locale.

Doté, dans un premier temps, de 8,2 millions d’euros, avec un objectif à terme de 15 millions d’euros, Terra Energies devra permettre plus de 120 millions d’euros d’investissements sur 4 ans dans des projets en faveur des énergies renouvelables, à l’échelle de notre territoire régional. La Région sera actionnaire du fonds à hauteur de 49 % (4 millions d’euros) et mobilisera d’autres investisseurs privés comme la Caisse des Dépôts et Consignations, la Banque Populaire Aquitaine Centre Atlantique, le Crédit coopératif, le Crédit Agricole, la Caisse d’Epargne, EDF, Quandra, Sergies PCER ou encore la plateforme de financement participatif Wiseed.

clottes biogaz © FRCUMA

La méthanisation, produire du biogaz à partir des déchets agricoles

Par sa vocation agricole et agroalimentaire, la Région possède un fort potentiel de développement de la méthanisation.

En permettant la production d’une énergie renouvelable à partir de nos déchets organiques et agricoles, la méthanisation apparaît comme une solution pour réduire notre coût énergétique et notre volume de déchets. Véritable projet territorial d’économie circulaire, la méthanisation présente, au-delà de la production d’énergie renouvelable, énormément d’avantages :

  • Un bilan environnemental favorable : plus que les autres filières de gestion des déchets (mise en décharge, épandage, compostage, etc.), la méthanisation présente un bilan environnemental favorable. Elle représente une méthode de gestion durable des déchets, sous réserve qu’elle soit couplée à un procédé de traitement de l’azote et du phosphore, lorsque c’est nécessaire.
  • Une économie énergétique : face à une énergie fossile au prix fort, le biogaz produit peut-être triplement valorisé par la production d’électricité (par cogénération) et chauffer ainsi les bâtiments, produire de l’eau chaude ou encore faire du séchage
  • Un potentiel agronomique : générés par les procédés de méthanisation, les digestats sont les résidus solides et liquides. Ils contiennent généralement de la matière organique résiduelle et des éléments fertilisants valorisables par épandage agricole.

Pour devenir la première région en production de biogaz issu de déchets agricoles, la Région accompagne techniquement les projets, notamment avec l’appui de l’APESA (centre technologique en environnement et maîtrise des risques) à Pau. Le potentiel de production issue de la méthanisation en énergie primaire représenterait 2 300 GWh pour la région, soit plus de la consommation d’énergie annuelle de la ville de Paris.

Développer le bois énergie en s’appuyant sur le potentiel régional

Première région forestière, la région Nouvelle Aquitaine souhaite soutenir le développement de la filière Bois énergie. Pour cela, au-delà d’une volonté de mobilisation de la ressource, la Région souhaite valoriser la ressource forestière en énergie.


Elle a ainsi lancé un appel à projets « Bois Energie », dont l’objectif est de soutenir financièrement les chaufferies bois plaquettes ou granulés, avec ou sans réseau de chaleur, inférieur(e)s à 100 tonnes équivalent pétrole, approvisionnés par les filières locales.

 

© artt miss (FlickR)

Les Energies Marines Renouvelables, un océan d’opportunités

La mer et les estuaires sont riches en flux, qui peuvent être exploités sous diverses formes. Il existe trois principaux gisements :

  • l’éolien en mer,
  • l’hydrolien fluvial qui exploite les courants
  • le houlomoteur pour capter l’énergie des vagues.

Ces technologies sont en cours de développement sur le territoire. Elles s’inscrivent à la fois dans le cadre de la transition énergétique grâce à l’exploitation de ressources durables et dans le cadre du développement d’une filière industrielle.

Un projet de parc éolien en mer au large de l’île d’Oléron pourrait concerner 60 à 80 éoliennes pour une puissance de 500MW.

Un site d’expérimentation d’hydroliennes à Bordeaux (SEENEOH) ouvre la voie à un futur déploiement commercial grâce au soutien à la qualification et à l’optimisation des machines qu’il offre aux développeurs de technologies, tandis que quelques démonstrateurs unitaires ont fait l’objet de mise à l’eau pour des premiers tests.

Quant au potentiel énergétique houlomoteur, il est estimé à plus de 4600 MW (autant que 200 barrages hydrauliques) et les premières études sont en cours autour du port de Bayonne pour identifier des zones potentielles de développement.

La structuration de cette filière d’avenir est en cours et fait figure de moteur de développement économique. Toutes les projections pointent une accélération très forte et le décollage imminent du secteur. D’où les enjeux en terme de développement industriel et d’emploi. Aujourd’hui, ces technologies émergentes sont au stade d’expérimentation, et demeurent encore chères. C’est donc de leur capacité à faire baisser les coûts que dépendra leur compétitivité. Les professionnels ambitionnent de les diviser par deux en dix ans. Une perspective prometteuse, vers une énergie propre et économique.

Un vaste potentiel économique : " la croissance bleue "

Se tourner vers les ressources de l’océan, c’est explorer de nombreux potentiels :

  • potentiel alimentaire, grâce au plancton, aux algues et aux protéines animales et aux nouvelles ressources halieutiques issues de l’aquaculture marine ;
  • potentiel médical, grâce aux enzymes et aux molécules des espèces marines ;
  • potentiel énergétique, grâce aux «énergies bleues» comme l’énergie tirée de la houle ou des éoliennes en mer ;
  • potentiel scientifique, avec une biodiversité encore à découvrir (on estime à plusieurs millions le nombre d’espèces inconnues à ce jour) ;
  • potentiel économique, avec ses nombreux métiers, ses filières d’excellence et ses milliers de salariés.
  • potentiel écologique et touristique.

Face aux enjeux énergétiques et à ceux du changement climatique et dans un contexte d’élargissement du territoire régional, la Région Aquitaine souhaite développer une véritable stratégie régionale en faveur du développement durable et maîtrisé des ressources liées à l’océan.

Dans cette perspective, une feuille de route stratégique en faveur de la croissance bleue sera élaborée en 2016 avec l’ensemble des acteurs du territoire de la Région afin de la doter d’un document cadre en matière de politique économique et de gestion durable de l’océan.

Chiffres clés

40 millions de tonnes de CO2 émises

171 TWh consommation énergétique de la région

19,7% la part des énergies renouvelables dans la consommation finale